Carole Delga et Gérard Onesta dévoilent leur accord de majorité pour la Région

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Le Conseil régional de Midi-Pyrénées.
Le Conseil régional de Midi-Pyrénées. (Crédits : Rémi Benoit)
Après avoir remporté les élections régionales dimanche 13 décembre, la liste d'union de la gauche devait trouver un accord de majorité. La socialiste Carole Delga et l'écologiste Gérard Onesta ont présenté ce lundi 21 décembre leur accord politique mettant en place une nouvelle gouvernance. Explications.

Huit jours après la victoire de la liste "Notre sud en commun" (rassemblant le PS, le PRG, le MRC, EELV, le PCF, le PG, le POC et le NGS) et autant de journées de négociation, la majorité de gauche dans l'assemblée régionale de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est parvenue à un accord politique.

"Tous ensemble, nous avons décidé d'être responsables et d'entendre le message envoyé par nos concitoyens, a annoncé la socialiste Carole Delga, qui devrait être élue présidente du Conseil régional le 4 janvier prochain.

Nous nous sommes mis au travail dès le 14 décembre pour présenter un accord de majorité. Nous sommes la seule région où la gauche unie l'a emporté. Nous devons être exemplaires. Le sursaut citoyen du second tour nous engage."

Un bureau de l'assemblée

Face à "une montée alarmante de l'extrême droite et le maintien à un très haut niveau de l'abstention", la nouvelle majorité a décidé de mettre en place une nouvelle gouvernance. L'objectif : donner plus de responsabilités à l'assemblée régionale afin qu'elle n'agisse plus en simple caisse enregistreuse de l'exécutif.

L'assemblée régionale sera dotée d'un bureau de 5 élus (3 PS, 1 PRG et un Nouveau Monde). Distinct du bureau du Conseil régional (composé par la présidente, les vice-présidents et les membres de la commission permanente), le bureau de l'assemblée, placé sous l'autorité permanente de la présidente de Région, a pour rôle de :

  • Garantir le respect des procédures démocratiques décisionnelles du Conseil régional.
  • Proposer des outils de concertation et d'évaluation citoyenne des politiques régionales.
  • Animer ponctuellement l'assemblée plénière sur délégation de la Présidente quand le dossier étudié aura pour origine l'assemblée elle-même.
  • Faire le lien avec l'assemblée des territoires.

Si les conseillers régionaux valident cette option le 4 janvier prochain, la tête de liste de Nouveau Monde Gérard Onesta - qui avait milité en faveur d'une dissociation des pouvoirs exécutif et législatif au sein du Conseil régional - présidera cet organe. "Si je suis élu, nous créerons le poste de rapporteur dont l'opposition pourra profiter pour avoir un droit à un temps de parole", a-t-il promis. Ces rapporteurs pourront "commenter, enrichir ou infléchir" les propositions de l'exécutif régional et proposer des rapports d'initiatives.

Par ailleurs, une conférence des présidents de commissions sera instituée une fois par trimestre sous la présidence de la présidente du Conseil régional et du président du bureau de l'assemblée, afin de mieux coordonner le travail de l'assemblée.

Afin de redonner le goût de la politique aux citoyens, la majorité s'engage à développer "une démocratie participative pleine et entière". L'assemblée régionale pourra être saisie par voie de pétition citoyenne. Les grandes politiques régionales feront l'objet d'une procédure d'évaluation publique. Les populations concernées seront consultées pour les grands projets d'aménagements du territoire. La possibilité d'organiser des référendums d'initiative citoyenne sera étudiée. Enfin, "Nous créerons des commissions thématiques citoyennes pour éviter les confrontations mortifères sur le terrain", a annoncé Gérard Onesta.

Une assemblée des territoires

Autre annonce d'envergure : la création d'une assemblée des territoires. "Le 21e siècle est celui de la République des territoires, affirme Carole Delga. En leur reconnaissant leurs spécificités, nous rendons la République Une et indivisible. À une époque, nous avions besoin de centralisation, nous avons maintenant la maturité politique." Cet organe consultatif se réunira pour la première fois courant 2016 à l'hôtel de la région et à une périodicité qui reste à déterminer.

Il proposera au Conseil régional des recommandations et des amendements sur les grandes décisions de ce dernier que "la Présidente s'engage à soumettre à sa propre assemblée". Aucun budget n'est prévu pour cette instance dont seront membres 158 élus locaux des collectivités composant la nouvelle région (différents de ceux élus à l'assemblée régionale).

Les 15 vice-président-e-s

Suivant les équilibres politiques et territoriaux, l'exécutif du Conseil régional, présidé par la socialiste Carole Delga, devrait comporter 6 élus PS, 3 PRG, 2 EELV, 1 MRC et 2 PCF (7 femmes et 8 hommes).

  • Sylvia Pinel, PRG, 1ère vice-présidente en charge de l'Aménagement du territoire, des TIC et des politiques contractuelles. Elle a confirmé son intention de se consacrer à son mandat régional et de démissionner de son poste de ministre du Logement, de l'égalité des territoires et de la ruralité. Elle devrait s'entretenir "dans les mois à venir" avec François Hollande et Manuel Valls.
  • Damien Alary, PS, 2e vice-président en charge de l'Attractivité régionale et des relations internationales.
  • Agnès Langevine, EELV, 3e vice-président en charge de la Transition écologique et énergétique, de la biodiversité, de l'économie circulaire et des déchets.
  • Didier Codorniou, PRG, 4e vice-président en charge de l'Économie maritime, du littoral et des aéroports.
  • Nadia Pellefigue, PS, 5e vice-présidente en charge du Développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur.
  • Jean-Luc Gibelin, PCF, 6e vice-président en charge des Mobilités et infrastructures transports.
  • Kamel Chibli, PS, 7e vice-président en charge de l'Éducation, de la Jeunesse et du Sport.
  • Béatrice Négrier, MRC, 8e vice-présidente en charge de l'Emploi, de la formation professionnelle et de l'Apprentissage.
  • Vincent Labarthe, PS, 9e vice-président en charge de l'Agriculture et de l'enseignement agricole.
  • Guillaume Cros, EELV, 10e vice-président en charge des Affaires européennes, des fonds structurels, de la coopération au développement, de l'évaluation et de la prospective.
  • Jean-Louis Cazaubon, (sans étiquette, proche PS) 11e vice président en charge de l'Agroalimentaire et de la viticulture.
  • Jean-Louis Guilhaumon, PS, 12e vice-président en charge du Tourisme et du thermalisme.
  • Dominique Salomon, PRG, 13e vice-présidente en charge de la Culture et des langues occitanes.
  • Aurélie Maillols, PS, 14e vice-présidente en charge de la Montagne et de la ruralité.
  • Marie Piqué, PCF, 15e vice-présidente en charge des Solidarités, des services publics, de la vie associative et du logement

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Commentaires
a écrit le 27/12/2015 à 6:21 :
certes plus ''d ouvertures democratiques'' mais l organisation presentee a de forts aspects d une usine a gaz. quid de la fonctionnalite et de l efficacite?
Réponse de le 28/12/2015 à 17:48 :
Assez d'accord avec vous... Désormais, la gouvernance de la région va être plus complexe au moment où la région s'agrandit et se retrouve à gérer un panel de problématiques plus large de par sa nouvelle géographie. Sans compter que les échelons intermédiaires persistent finalement (Département) et que se mettent en place les métropoles. Rappelons quand même les objectifs initiaux de la réforme des régions : économiser, simplifier le millefeuille et créer des synergies. Les 2 premiers objectifs sont d'ores et déjà loupés... le 3e loin d'être gagné vues les orientations très différentes des 2 régions.

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