Carole Delga : qui est la future présidente de la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ?

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Carole Delga, future présidente de la nouvelle Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
Carole Delga, future présidente de la nouvelle Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (Crédits : Rémi Benoit)
À 44 ans, Carole Delga sera la première présidente de la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. "Une présidente de terrain", "proche des citoyens" : voilà ce que souhaite être Carole Delga. Mais qui est vraiment la jeune élue socialiste ? Portrait.

"Une présidente de terrain", "proche des citoyens". Au soir de son élection, Carole Delga a précisé ce qu'elle veut incarner : l'image d'une gouvernance renouvelée.

Au Gazette Café à Montpellier où le PS et le PRG s'étaient rassemblés pour accueillir la candidate, dans l'euphorie de la victoire de la gauche en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, les louanges pleuvent sur celle qui présidera la nouvelle région à partir du 4 janvier prochain.

"Elle a fait une belle campagne, courageuse et digne, salue Martin Malvy, le président du Conseil régional de Midi-Pyrénées. Elle n'est jamais tombée dans la polémique. Elle a respecté les citoyens et les citoyennes qui l'ont respectée eux aussi. J'espérais avant de partir que la succession soit assurée comme elle l'est aujourd'hui. Pour moi ce soir, c'est un moment de bonheur. Je suis très heureux de cette victoire."

Attrapé à la sortie du QG avant qu'il ne s'engouffre dans le véhicule qui l'emportera à Toulouse, Damien Alary ne tarit pas d'éloge sur "sa candidate" : "Je suis très fier de Carole Delga. C'est une femme de talent et de compétences. Elle est honnête, elle a beaucoup de qualités. Elle est courageuse."

Le sourire aux lèvres, une rose à la main, Nadia Pellefigue, ex vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées et troisième de liste en Haute-Garonne, prédit une présidente "déterminée" et "soucieuse d'associer les citoyens et citoyennes à l'avenir du territoire". "Elle l'a dit, 'mon bureau sera la Région'", insiste l'élue socialiste.

"Heureuse, très heureuse", la gagnante du soir n'a pour autant pas pavoisé au soir de sa victoire. Le sourire aux lèvres, mais la victoire modeste, Carole Delga sait qu'elle doit convaincre l'ensemble des citoyens de la nouvelle région. Et il y a fort à faire, car à deux pas du QG de la soirée, dans un restaurant montpelliérain, "Carole Delga, on ne connait pas". Elle pose en tout cas ce soir un premier acte politique en faisant, précisément, le choix de prononcer sa première réaction à Montpellier où elle a recueilli 57,79 % des voix.

Une proche de François Hollande

À 44 ans, Carole Delga entame ce soir la deuxième partie d'une carrière politique déjà bien remplie et qui s'est accélérée en 2014 au moment de son passage à Bercy. Secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'artisanat de la consommation et de l'économie sociale et solidaire en juin 2014, elle a beaucoup appris sur les rouages du gouvernement et sur le fonctionnement du ministère de l'Économie et des Finances. D'autant qu'en un an aux responsabilités, elle aura connu Bercy à la fois sous Arnaud Montebourg et sous Emmanuel Macron. Après avoir été nommée à la faveur d'un remaniement ministériel, elle  a en effet été confirmée dans le gouvernement Valls II. Pendant les 12 mois où elle a été secrétaire d'État, Midi-Pyrénées n'a jamais été loin de ses pensées et la jeune future présidente de région a multiplié les déplacements dans les 8 départements, écoutant ainsi un conseil politique donné par François Hollande au moment de sa nomination.

Sa future élection le 4 janvier lors de l'assemblée constitutive est pour Carole Delga le happy end d'un parcours commencé dans les années 2000. Repérée par Martin Malvy en 2007 alors qu'elle est fonctionnaire, elle lui demande alors d'être rétrogradée pour avoir le droit de se présenter aux municipales de 2008. C'est à ce moment là qu'il remarque cette jeune socialiste. Quoi qu'un peu interpellé par la requête, le président du Conseil régional accepte. Carole Delga est élue maire et un an plus tard et Martin Malvy lui demande de rejoindre son équipe pour les régionales de 2010. Elle devient sa coordinatrice de campagne avant de devenir vice-présidente du Conseil régional chargée de la ruralité, des services au public et des TIC. C'est le début de son ascension politique. Martin Malvy, qui a toujours refusé de désigner un dauphin, aura finalement reconnu Carole Delga comme son alter ego. À quelques jours de la fin de sa carrière politique Martin Malvy reconnaissait en effet "une manière commune de raisonner".

Surnommée "l'héritière" par son opposant Les Républicains Dominique Reynié, Carole Delga aura désormais pour objectif de montrer à la nouvelle région sa personnalité et sa ligne politique face à une opposition dominée par le Front National.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2015 à 13:41 :
Bravo .Mme Delga.vous êtes notre avenir.
Réponse de le 01/01/2016 à 16:42 :
oui notre avenir pour la faire couler comme les autre !
a écrit le 15/12/2015 à 10:16 :
Heritière oui, certainement. Espéront qu'elle sera à la hauteur, et sans parti pris
politique ce qui sera le plus dur pour l'heritière des barons du PS. Bonne chance
à cette région.
a écrit le 14/12/2015 à 15:26 :
Une présidente de terrain? Laissez moi rire. Quand on voit ce qu'elle a fait quand elle était en poste. Les politiques déroulent un agenda mortifère pour les entrepreneurs au profit des affiliés du complexe étatique pour lesquels par contre tout est fait. Et après? Que restera-t-il? Que savent faire ces gens quand ils ne peuvent prendre aux uns pour donner aux autres en se servant au passage? Que savent faire ces politiques qui inventent de toute pièce des problématiques qui n'existent pas pour satisfaire leurs propres desseins en imposant des solutions toujours plus contraignantes et collectivistes?
a écrit le 14/12/2015 à 15:15 :
Erreur du journaliste ou forme d'humour ?
"Présidente de terrain"... fonctionnaire et qui plus est dans les ministères... ah ça oui une vraie femme de terrain...
Still continue...
a écrit le 14/12/2015 à 14:24 :
On a surtout un Front qui est fort en Languedoc Roussillon, une des 2 régions les plus pauvres de France. La nouvelle carte des régions n'a surement pas plus à la majorité des languedociens avec la perte d'influence de Montpellier au profit de Toulouse. Même dans la région Midi-Py, ça n'était pas gagné pour succéder à Martin Malvy, très respecté et apprécié. Bravo à elle, même si le FN est la deuxième force de cette nouvelle région. Reste pour elle à inclure un maximum les Languedociens pour qu'il n'y est pas un sentiment revanchard dans le futur

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