Pierre Izard, président PS du Conseil général 31, incisif pour sa dernière cérémonie de vœux à la presse

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Pierre Izard, lors de ses vœux à la presse ce mercredi matin
Pierre Izard, lors de ses vœux à la presse ce mercredi matin
Pierre Izard, président socialiste du conseil général de la Haute-Garonne depuis 1988, a présenté ce mercredi ses derniers vœux à la presse, traditionnel petit déjeuner durant lequel il échange sur les sujets d'actualité. Il a exprimé sa crainte que "nous n'ayons jamais la LGV". Concernant sa succession, pas question pour lui de désigner un dauphin, mais il souhaite que son successeur "ne soit pas un simple administrateur mais quelqu'un doté d'un sens politique". Pour cette dernière cérémonie, le président du Département a semblé serein, volontariste et ému.

"Je le vis très bien". Pierre Izard l'affirme, son départ, annoncé en novembre dernier, a été mûrement réfléchi et il voulait "partir par la grande porte". L'image qu'il souhaite laisser de lui ? "Un homme de gauche, qui a bien travaillé". Pour autant, tout n'est pas fini. Il sera bien présent lors de la campagne pour les prochaines départementales (scrutins les 22 et 29 mars prochains). Déjà président d'honneur du "comité de soutien" mis en place par le PS31, Pierre Izard fera "tout pour être présent et pour être jugé sur ce qui a été fait en matière de justice sociale et de solidarité".
Ce matin lors de ses derniers vœux aux journalistes, le président du Conseil général a réservé à son assistance des commentaires sans détours sur les sujets qui l'occupent.

"Je crains que nous n'ayons jamais la LGV"

Pierre Izard ne cache pas son pessimisme concernant la LGV, un sujet qu'il relie directement à l'actualité de l'aéroport Toulouse-Blagnac. "Pour garantir la non-extension de l'aéroport (et donc la limitation des nuisances), il y avait la LGV. C'était la seule solution pour ne pas agrandir l'aéroport." L'élu poursuit : "J'ai été le premier à le dire, mais je pense de plus en plus : nous n'aurons pas la LGV. L'État n'a pas d'argent, elle coûte trop cher et n'est pas rentable". Par ailleurs, le président du Conseil général de Haute-Garonne le répète : "je suis contre la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac, même si l'État a besoin d'argent frais. Dans le nouveau pacte d'actionnaires, les collectivités doivent garder un pouvoir de décision. Nous nous battrons pour conserver une minorité de blocage".

"Métropoles : l'exemple de Lyon est un énorme bide"

Pierre Izard est fermement opposé à la suppression des départements. Il l'a répété ce matin, en citant l'exemple de Lyon (la métropole lyonnaise a absorbé le département du Rhône, un cas unique en France). "Ce qu'il se passe à la métropole de Lyon est une catastrophe, un bide total, une connerie monumentale" assume-t-il. "Je ne laisserai pas brader les départements" assure-t-il alors que le Sénat poursuit l'examen du projet de loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la République) le 13 janvier prochain. Concernant le transfert de certaines compétences des départements aux métropoles, le président du Conseil général se souvient d'une discussion qu'il avait eue avec Pierre Cohen, alors maire de Toulouse : "Je lui ai demandé si la métropole toulousaine serait prête à prendre en charge les transports scolaires, qui sont gratuits, et qui coûtent 50 M€ par an au Département. Pierre Cohen m'a répondu qu'il serait obligé de les faire payer. Une décision pas commode à assumer politiquement".

"Si j'étais un parlementaire, je me poserais la question d'être un frondeur"

Il n'est pas un grand fan de la politique du Gouvernement. Quand on lui demande s'il se reconnaît dans la politique nationale, Pierre Izard hésite. Il assure "si j'étais un parlementaire, je me poserais la question d'être un frondeur". Selon lui, les réformes menées par le gouvernement Valls sont "valables" mais "éparpillées". "La réforme territoriale n'était pas urgente" juge-t-il. La lutte contre le chômage est selon lui la priorité absolue.

"Je respecte la décision de mon copain Malvy"

Interrogé sur la non-candidature de Martin Malvy aux prochaines régionales, Pierre Izard a laissé comprendre qu'il était au courant de cette décision. "Je l'ai senti, la semaine dernière, lorsqu'il m'a raccompagné à l'ascenseur après un rendez-vous à la Région". "Je respecte cette décision, ajoute celui qui a également annoncé sa non-candidature à sa succession, je pense même qu'il a été influencé par ma propre décision !"

"Mon successeur doit être doté d'un sens politique"

Lors de ses vœux, Pierre Izard n'a pas pu échapper à la question de sa succession. "Je ne désignerai pas de dauphin. Je ne suis pas le roi". "Mon successeur sera un homme ou une femme...De gauche" ironise-t-il. La qualité qu'il aimerait voir chez le futur président du Conseil général : le sens politique. "J'aimerai qu'il ou elle soit plus qu'un simple administrateur. Il faut un sens politique". Mais, il le souligne lui-même en guise de conclusion, "ne suis-je pas le dernier animal politique de ce département ? "

En savoir plus :

- Pierre Izard a réagit par communiqué dans la journée au sujets des événements chez Charlie Hebdo :

"Au-delà de l'horreur absolue de l'attentat terroriste d'une exceptionnelle barbarie qui a visé le siège du journal Charlie Hebdo à Paris, ce sont les valeurs et les principes républicains les plus fondamentaux de tolérance et de la liberté d'informer qui ont été attaqués.
J'exprime ma solidarité la plus vive aux journalistes de Charlie Hebdo, aux policiers, aux familles et aux proches des victimes.
Sachons rester unis pour défendre les libertés que la République protège."

- Pierre Izard est un fermement opposé à la suppression des départements. Lors d'une interview qu'il avait accordée à Objectif News, il avait ainsi déclaré : "J'étais effondré lorsque j'ai entendu le discours de politique générale de Manuel Valls. Je suis un départementaliste convaincu." Selon lui, le département est "une institution indispensable qui allie proximité, équilibre et solidarité".
Élève du lycée Pierre-de-Fermat puis à la fac de médecine de Toulouse, il obtient son diplôme de pédiatre en 1966. Une profession qu'il exercera jusqu'en 1988. Sa carrière politique débute en 1967 lorsqu'il devient conseiller général du canton de Villefranche-de-Lauragais dont il sera élu maire quatre ans plus tard. Un poste qu'il a occupé jusqu'en 2001, date à laquelle il passe 1er adjoint pour respecter le non-cumul des mandats. Pierre Izard a dédié quasiment toute sa vie à la politique locale. Il est reconnu pour son opiniâtreté.

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