3e ligne de métro : le Ceser d'Occitanie souhaite une connexion à l’aéroport

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Jean-Louis Chauzy, président du Ceser
Jean-Louis Chauzy, président du Ceser
Le Ceser d'Occitanie, présidé par le Toulousain Jean-Louis Chauzy, se prononce en faveur d'une troisième ligne de métro à Toulouse, à condition qu’elle soit reliée à l’aéroport Toulouse-Blagnac. Néanmoins, deux syndicats représentés au Ceser (Sud et Solidaires) s'opposent à cette ligne, "un projet fait pour Airbus et pas pour la grande agglomération", selon eux.

Le Ceser (Conseil économique, social, et environnemental régional) qui représente 80 organisations de la nouvelle grande région Occitanie, a dévoilé jeudi 1er décembre sa contribution au débat public portant sur le projet de la troisième ligne de métro toulousaine. Ce dernier est accueilli favorablement par l'institution :

"Le Ceser considère le projet de 3e ligne de métro comme un élément majeur de réponse à la nécessité d'adaptation permanente du système de transport collectif d'une agglomération en plein développement. De fait, le Ceser soutient la pertinence de ce projet dont il espère toutefois (...) qu'il finira par intégrer la desserte directe de l'aéroport Toulouse-Blagnac", peut-on lire dans l'introduction du rapport rédigé par Jean-Louis Chauzy, président de l'instance régionale.

À l'heure actuelle, cette desserte directe de l'aéroport par le métro n'est qu'une option, et son financement reste à définir. Toulouse Métropole voudrait que ce tronçon (estimé à 80 millions d'euros) soit financé par les actionnaires chinois de l'aéroport. Des négociations seraient engagées entre les différents protagonistes du dossier en ce sens.

Le choix de l'emprunt sur le long terme

En ce qui concerne le financement, le Ceser préconise deux options pour trouver les 380 millions d'euros manquant au projet.

"Pour cette recherche de financement, le Ceser n'approuverait pas l'éventuel montage d'un partenariat public-privé (une option qui n'est par ailleurs pas envisagée par Tisséo, NDLR). Le Ceser considère qu'en l'état, l'emprunt (sur 40 à 50 ans) est la formule qui offre les meilleures perspectives (...) Mais peut-être est-il possible, moyennant une autorisation législative, que des solutions du type de celles utilisées pour le financement du Grand Paris Express soient transposées à Toulouse, permettant, à partir de ressources nouvelles, d'investir durablement pour les infrastructures, le matériel, les aménagements des stations et des gares..."

En effet, pour financer le projet du Grand Paris Express, une loi a été votée en 2010 pour débloquer des fonds via de nouvelles recettes fiscales (portant sur les entreprises). Au total, la société du Grand Paris, qui porte le projet, perçoit plus de 500 millions d'euros de recettes fiscales par an.

Malgré toutes ces préconisations, en interne, le rapport rendu par le Ceser ne fait pas l'unanimité et les membres des groupes Solidaires et FSU 31 ont voté contre.

"Un projet pour Airbus"

Ultra minoritaires (5 voix sur 193) les deux syndicats ont voté contre le rapport adopté par le Ceser. Pour Christian Terrancle, délégué Haute-Garonne de Solidaires, la 3e ligne ne résout pas le problème des bouchons :

"Ce projet est fait uniquement pour les salariés d'Airbus, et c'est tant mieux pour eux. Mais cette ligne est conçue pour l'élite économique et sociale de Toulouse. Elle ne va pas résoudre la situation des populations rejetées toujours plus loin de la ville. Personnellement, j'habite Castelginest, et je continuerai à prendre ma voiture pour venir en ville car ça reste le plus pratique."

Les deux syndicats dénoncent également un financement qui n'est pas bouclé "et qui risque surtout de capter l'ensemble des fonds du PDU, au détriment des lignes de bus, notamment Lineo".

Pour Solidaires et FSU, le Ceser "n'aurait pas dû conclure à la pertinence du projet car il ne répond pas aux problèmes de déplacements de la grande agglomération".

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