L’application toulousaine de lutte contre le travail illégal Bati Vigie se connecte à la carte BTP

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La carte d'identification professionnelle des salariés du BTP est obligatoire depuis le 22 mars 2017 en Occitanie
La carte d'identification professionnelle des salariés du BTP est obligatoire depuis le 22 mars 2017 en Occitanie (Crédits : Benoit Tessier)
La société toulousaine Bati Vigie a lancé en juin sa nouvelle application 2.0 de lutte contre le travail illégal sur les chantiers. Le logiciel est conçu pour lire le QR Code de la nouvelle carte d’identification professionnelle des salariés du BTP et vérifier automatiquement sa validité. Un outil unique en France.

Depuis le 22 mars 2017, les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont l'obligation de fournir une carte d'identification professionnelle à leurs salariés, qu'ils soient en CDI, intérimaires ou même travailleurs détachés. Une fois le dispositif déployé dans toute la France métropolitaine et en Outre-mer fin septembre, les professionnels de chaque région encourront des amendes administratives de 2 000 euros par salarié sans carte.

Voilà pourquoi la startup toulousaine Bati Vigie, spécialisée dans la lutte contre le travail illégal sur les chantiers, a choisi de connecter sa nouvelle application 2.0 aux bientôt 2,5 millions de cartes d'identité professionnelle des salariés du BTP.

Activer les procédures en temps réel

Fondée fin 2015, Bati Vigie propose aux donneurs d'ordres et maîtres d'ouvrage une application de services destinée aux contrôleurs mandatés pour se rendre sur leurs chantiers. Le dispositif utilisable sur smartphone active tous les flux d'information et de procédures en temps réel : signalement du contrôle, rapport d'incident si l'employé n'est pas en règle, mises en demeures avec envoi automatisé des courriels et courriers recommandés nécessaires... La base de données Bati Vigie intègre en effet l'ensemble des documents de chaque salarié des entreprises intervenant sur le chantier.

"Notre innovation entend contribuer sur un plan citoyen à défendre et sauvegarder l'emploi légal dans le secteur du bâtiment en France", souligne Frédéric Pradal, créateur et dirigeant de Bati Vigie.

Par ailleurs, le coût de l'application peut varier de 630€ pour un chantier de moins de 500 000€, à près de 60 000€ pour un chantier qui dépasse les 150 millions d'euros. Des entreprises du secteur de la construction comme Kaufman & Broad, Nexity, Icade ou Akerys utilisent déjà ce service. La Ville de Toulouse, Toulouse Habitat ou encore le constructeur de logements sociaux Adoma ont également été séduits.

Connexion à la carte d'identité professionnelle

Alors, la startup Bati Vigie, qui vise une progression de 50% de son chiffre d'affaires en 2017  (CA de 4,2 millions d'euros en 2016) et devrait recruter une dizaine de personnes cette année, a choisi de connecter son dispositif à la nouvelle carte d'identification professionnelle des salariés du BTP. Depuis le 1er juin, l'application permet aux contrôleurs de scanner le QR Code de la carte d'identité professionnelle en un seul clic avec leur smartphone. Ils peuvent donc immédiatement vérifier la validité de la carte. Le système permet ainsi la traçabilité des contrôles :

"Notre application ne fait pas que systématiser de manière fiable les procédures de vérification de la nouvelle carte, affirme Frédéric Pradal. Il permet notamment d'intégrer des données d'historique et de gérer les procédures de manière automatisée. Bati Vigie est donc un démultiplicateur de l'efficacité de la carte professionnelle du BTP dans le cadre de la lutte contre le travail illégal".

Lire aussi : Infographie : ce que l'on sait des 800 millions d'euros du plan BTP de la Région

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Commentaires
a écrit le 07/08/2017 à 14:51 :
Qui sont les victimes et qui sont les délinquants ?

Ces contrôles qui ne s’appliquent qu'à quelques entreprises et étant donné que l'on ne pourra jamais contrôler tout le monde, ont de fait des répercussions relativement faibles. Surtout avec de la sous-traitance en cascade qui rend difficile la détermination de la responsabilité des donneurs d’ordre et sans parler de certains groupes qui, grâce à une espèce de don de voyance, évitent les contrôles inopinés et les poursuites.

Comme quoi, quand on veut on peux
Si l’on veut tracer et gérer les ouvriers, on pourrait aussi s’occuper de la gestion du risque professionnel et autres problèmes graves, tels l'accidentologie du travail.
Les CARSAT font ce qu'elles peuvent, mais le manque de prévention reste le problème majeur et les chiffres sont là : en Occitanie, en 2014 il y a eu 60 accidents du travail mortels et la topologie des activités économiques n'explique pas tout.
On pourrait aussi parler du secteur public, des collectivités et autres structures utilisant des sous traitants « hors cadre », mais c’est un autre sujet.
Réponse de le 07/08/2017 à 15:51 :
PS : Pour illustrer le 2 poids 2 mesures, à noter les exonérations partielles et autres avantages dont bénéficiera en tant qu’impatrié un autre travailleur, footballeur de profession.
Reste aux travailleurs de misère à essayer d'obtenir les mêmes dispositifs.
a écrit le 07/08/2017 à 13:03 :
Une bonne intiative maintenant attention il n'y a pas que le BTP contaminé par le dumping social imposé par l'europe, il y a également le secteur du transport qui est franchement touché, les usines je peux vous citer une entreprise qui fait venir des roumains par familles entière les logeant dans des conditions désastreuses mais comme c'est un gros actionnaire les autorités ne disent rien, par chez moi il y a tout un tas de petits véhicules polonais qui en fait semble du déménagement à 400 euros par mois ça vaut le coup et je ne vous cite là que des exemples précis dont j'ai connaissance il y a forcément bien plus de domaines d'activités qui sont touchés.

Mais bon plus ça rapporte à des gros réseaux et plus c'est "légal" en quelque sorte, se débarrasser d''en mal voulu par les possédants va être très compliqué et le fait qu'une économie se greffe sur le principe est bel et bien révélateur que nous ne sommes pas prêt d'en voir la fin.

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