"At Home", cinq startups en colocation à Toulouse

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De gauche à droite : Camille Raymond, Alain Di Crescenzo, Jean-Luc Moudenc, Pierre Oswald, Juloe Escudier ( maire de quartier), Bertrand Serp, Shannon Picardo, Arnaud Tersiquel et Boris Mounet
De gauche à droite : Camille Raymond, Alain Di Crescenzo, Jean-Luc Moudenc, Pierre Oswald, Juloe Escudier ( maire de quartier), Bertrand Serp, Shannon Picardo, Arnaud Tersiquel et Boris Mounet (Crédits : Rémi Benoit)
Cinq jeunes entrepreneurs toulousains ont inauguré ce vendredi 10 juillet At Home, un espace de travail dédié aux startups toulousaines tout juste sorties d'un incubateur et en pleine croissance. Cet espace branché de 250m2 en plein centre-ville historique de Toulouse accueille actuellement 30 salariés dont les startups sont en pleine croissance. Il s'agit d'Ateliers Tersi, CitizenFarm, Meet My Designer, SchoolMouv, et Yestudent.

Entre le passage en incubateur et la "success story", il y a une étape pour les startups : "celle où l'on est en hyper croissance, mais où l'on a pas assez d'argent pour s'offrir de supers locaux tout seuls", dixit Boris Mounet, fondateur de Meet My Designer (plateforme pour les designers et créateurs de mode).

Le chef d'entreprise de 28 ans se trouve précisément dans cette phase là, de même que quatre autres entrepreneurs toulousains, presque tous issus de l'incubateur de TBS : Arnaud Tersiquel des Ateliers Tersi (vente en ligne de chaussures de luxe), Camille Raymond de YesStudent (partage de logement), Pierre Osswald de CitizenFarm (aquarium écologique) et Shannon Picardo de SchoolMouv (cours en ligne). Ensemble, ils ont donc créé At Home ("à la maison" en français).

Entre le Camping,  l'Incubateur Midi-Pyrénées, ou encore Ekito, At Home se positionne comme "le chainon manquant dans l'écosystème entrepreneurial toulousain".

Cet espace de 250m2 au cœur historique de Toulouse a été inauguré ce vendredi 10 juillet en présence du maire Jean-Luc Moudenc et du président de la CCI31 Alain Di Crescenzo. Les nouveaux locataires ont ainsi pris officiellement possession de ce lieu, auparavant occupé par l'accélérateur Ekito.

"C'est important de montrer que les startups investissent le centre-ville. L'innovation et le patrimoine vont de pair", soulignent les jeunes locataires.

Esprit de partage et hyper-croissance

At Home, composé de bureaux en open space, ambiance scandinave, a vocation à devenir un lieu de passage.

"Nous avons bien conscience que nos entreprises sont vouées à évoluer, positivement ou négativement. Certaines feront des levées de fonds formidables et quitteront At Home pour avoir leurs propres locaux, d'autres, peut-être, échoueront. Nous sommes à l'aise avec l'idée d'échec, ce qui ne nous empêche pas de sélectionner rigoureusement les entreprises qui s'installeront ici", explique Boris Mounet.

Principal critère de sélection : être en hyper croissance. Pas forcément en termes de chiffre d'affaires, mais davantage en termes de communauté. SchoolMouv par exemple, a vu son nombre d'utilisateurs augmenter de 400 % depuis le mois d'avril. Cette notion de communauté, souvent présente dans le milieu du numérique, fait d'ailleurs partie des "règles de vie" qui régissent At Home :

"Nos locaux permettent de loger 30 personnes, mais aussi de fédérer 150 entrepreneurs qui gravitent dans notre réseau, affirme le fondateur des Ateliers Tersi, At Home est un lieu convivial, où tout le monde doit se sentir bien."

La collaboration et le partage des connaissances font également partie du fonctionnement des 5 entrepreneurs :

"Dans le web, tout évolue très vite. On a besoin les uns des autres pour actualiser nos connaissances, rester compétitif. Nous apprenons des autres et leur mettons à disposition nos compétences. Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans l'économie de la consommation, mais dans l'économie du partage et de l'usage. Notre culte de la croissance va de pair avec notre volonté de partage", développe Camille Raymond, de Yestudent.

Les pouvoirs publics et les startups, une nouvelle relation

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a réaffirmé ce matin, devant un parterre de startuppers, que son équipe "travaille à ce que les startups aient plus de visibilité et plus de force", notamment grâce au label French Tech obtenu en novembre 2014. Néanmoins, alors que le numérique représente 38 000 emplois dans l'aire urbaine toulousaine, aucun lieu ne permet encore d'accueillir les startups en grand nombre.

"Nous réfléchissons à mettre en place un lieu qui permettrait aux startups de venir s'installer. Ce devrait être pour 2016", annonce Bertrand Serp, vice-président en charge du Numérique à Toulouse Métropole.

Pour rappel, le Quai des Savoirs, qui ouvrira ses portes à l'automne prochain, donnera plus de visibilité à La Cantine, un espace de travail partagé dédié au numérique, qui viendra s'y installer.

De son côté, le président de la CCI de Toulouse, Alain Di Crescenzo, montre aussi sa volonté d'intégrer les startups dans "la CCI de demain".

"Je souhaite que la CCI proposent aux startups des prestations à leur image : agiles".

La CCI de Toulouse vient par ailleurs de signer avec la banque chinoise ICBC une convention pour développer les relations commerciales entre la France et la Chine. La banque chinoise s'est engagée à "mettre en place une ligne de crédit d'un milliard d'euros sur les 5 prochaines années" pour accompagner les entreprises régionales qui souhaitent s'implanter en Chine. "Je ferai tout pour que cette ligne de crédit profite aux startups de Toulouse", a promis Alain Di Crescenzo.

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