La start-up Vibiosphen s'attaque au problème de la résistance aux antibiotiques

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(Crédits : Rémi Benoit)
La société basée à Labège va lancer au mois d'avril une levée de fonds avec Wiseed pour financer son activité de recherche. Créée en septembre 2014 par deux anciens de Sanofi Toulouse, Vibiosphen a réussi à mettre au point une molécule qui renforce l'immunité du corps humain et réduit les effets indésirables des médicaments antibiotiques.

En juillet 2012, quand Sanofi annonce vouloir se désengager de son site de recherche toulousain, c'est le déclic pour Maxime Fontanié et Pierre Ruby. Tous les deux salariés au sein du géant pharmaceutique, ils décident de monter leur propre entreprise. En mars 2013, ils rejoignent la cellule d'essaimage de Sanofi avant de voler de leurs propres ailes en créant en septembre 2014 la société Vibiosphen.

Deux fois moins d'antibiotiques

Les deux fondateurs y prolongent leurs recherches sur les maladies infectieuses. Objectif : mettre au point une molécule capable de réduire la résistance aux médicaments antibiotiques et renforcer l'immunité du corps humain face aux virus. Pour l'instant, les premiers tests réalisés sur des souris sont concluants:

"Nous avons diminué par deux la dose de médicaments utilisés mais aussi la durée de la prise en charge. Cela permettrait de réduire le temps d'hospitalisation", explique Maxime Fontanié.

"Cette approche est innovante dans le sens où l'industrie pharmaceutique a plutôt tendance actuellement à créer de nouveaux antibiotiques", poursuit le fondateur de Vibiosphen.

Or, de nombreuses études ont montré les conséquences néfastes des antibiotiques. En décembre 2014, une commission d'experts réunie par le gouvernement britannique estime que la résistances aux antibiotiques cause aujourd'hui 700.000 décès par an dans le monde dont 50.000 en Europe et aux États-Unis. Pire, d'ici 2050, le phénomène devrait causer "10 millions de morts par an " dans le monde, devenant ainsi le première cause de mortalité devant le cancer.

Face à cet enjeu de santé publique, la découverte des deux chercheurs suscite un vif intérêt. Dès l'automne dernier, lors d'une étude de marché, trois industriels de niveau mondial (dont Vibiosphen préfère pour le moment taire les noms) ont témoigné de leur intérêt pour la molécule. "D'ici un an, un an et demi, nous aimerions passer à la phase clinique avec des tests humains", annonce Maxime Fontanié.

Une levée de fonds sur Wiseed et deux embauches en 2015

Mais pour mettre en œuvre toutes ces phases de recherche, la start-up va devoir trouver des financements. Elle a déjà remporté le concours "création et développement" lancé par BPI France et le ministère de la recherche. La banque publique d'investissement s'est déjà engagée à verser 26 000 euros pour la première phase de recherche mais la somme pourrait couvrir jusqu'à 60 % de l'investissement nécessaire en R&D, soit 450 000 euros. Pour compléter ses besoins, Vibiosphen va lancer au mois d'avril une campagne de crowdfunding sur la plateforme Wiseed.

En parallèle, l'entreprise mène une activité de sous-traitance pour l'industrie pharmaceutique.

"De plus en plus de grandes sociétés comme Sanofi ou GSK externalisent leurs activités de recherche, notamment toutes les phases pré-cliniques qui coûtent très cher en matière de financement et de personnel, et qui sont relativement risquées", commente Maxime Fontanié.

Pour trouver de nouveaux clients, Vibiosphen compte participer à des salons internationaux à l'image du salon "Bio" de Philadelphie, un des événements de référence pour tous les acteurs du marché.

Depuis sa création, la start-up est hébergée au sein de la pépinière de Labège Prologue Biotech. Après avoir embauché au début de l'année un pharmacologue et un chargé de recherches, la start-up compte aujourd'hui 5 salariés. Elle table sur un chiffre d'affaires de 200 000 euros pour l'année 2015.

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