"Le réchauffement climatique est devenu un enjeu fondamental de la recherche spatiale"

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Marie-Anne Clair, directrice des systèmes orbitaux du Centre national d'études spatiales (Cnes).
Marie-Anne Clair, directrice des systèmes orbitaux du Centre national d'études spatiales (Cnes). (Crédits : Rémi Benoit)
Les 8 et 9 septembre prochain, 100 décideurs sont attendus dans la cité médiévale de Saint-Bertrand-de-Comminges pour la première édition de The Village pour réfléchir à un monde inclusif et durable. En amont de cet événement, nous vous proposons chaque jour un article autour de cette thématique. Aujourd'hui, Marie-Anne Clair, directrice des systèmes orbitaux du Centre national d'études spatiales (Cnes) nous explique comment la recherche spatiale est impliquée dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Quel rôle jouera notamment la recherche spatiale dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Cet enjeu est devenu fondamental. Des 50 variables qui permettent de suivre l'évolution de la température de la planète, 26 ne peuvent en effet être mesurées que de l'espace. Par rapport à la mesure sur Terre, relative à un seul endroit précis, voire à celle effectuée par les avions, limitée à leur trajectoire, l'avantage d'un satellite est sa couverture unique : il balaye l'ensemble du globe, puisqu'il fait le tour de la Terre en 1h30 !

Au Cnes, les missions qui vont s'intéresser à la qualité de l'air terrestre sont ainsi de plus en plus nombreuses. En 2020, par exemple, MicroCarb cartographiera à l'échelle planétaire les sources et puits du CO2, alors que dès 2021 Merlin s'occupera du méthane. Jason 3 assure la continuité des données concernant la hauteur des océans, et à partir de 2021 Swot suivra celle des lacs et des fleuves. Des informations qui alimentent déjà en permanence le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec)...Certaines applications des satellites, d'ailleurs, profitent aussi directement à l'environnement : internet, en permettant le télétravail, favorise la limitation des déplacements polluants, le GPS permet d'optimiser les trajets etc.

À ce propos, Thomas Pesquet a lui-même observé que "le réchauffement climatique se voit depuis l'espace"... L'espace pourrait-il à terme devenir notre refuge ?

Tout le monde est aujourd'hui persuadé que l'homme ira sur Mars : la question est quand et comment, ce qui dépend essentiellement de considérations financières. La position de la France, et du Cnes, consiste à privilégier la coopération, avec une autre grande agence ou dans le cadre d'un programme mondial. Nous pensons que la France a son rôle à jouer : nous avons par exemple une compétence unique au monde en matière de navigation autonome des robots sur les planètes.

L'objectif principal est de ramener des échantillons, afin notamment de comprendre si sur Mars, où il y avait une atmosphère, il y a eu de la vie. Mais de mon point de vue, Mars ne sera jamais un lieu refuge. Non seulement car un jour de toute façon le Soleil va exploser... mais surtout car même dans le pire des scénarios de pollution et de réchauffement, il sera toujours moins agréable que la Terre ! Il est surtout impératif aujourd'hui de préserver notre planète.

 Les déchets se multiplient aussi dans l'espace... Saurons-nous le préserver ?

Il y a aujourd'hui des centaines de satellites de toute taille en orbite. Mais depuis une dizaine d'années, une loi régule en France la gestion de leur fin de vie : on est désormais obligé de les faire rentrer sur Terre, afin de ne pas générer de déchets supplémentaires dans l'espace. Cette approche est d'ailleurs partagée au niveau mondial par l'ensemble des acteurs du spatial.

Pour toute demande d'information complémentaire concernant l'événement The Village : stephane.dartigues@latribunetoulouse.fr

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