Dernière phase de tests à Toulouse pour le satellite météo MetOp-C

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MetOp-C permettra de surveiller les températures à la surface des continents et des océans, notamment nécessaires à l'analyse des couvertures de neige et de glace.
MetOp-C permettra de surveiller les températures à la surface des continents et des océans, notamment nécessaires à l'analyse des couvertures de neige et de glace. (Crédits : Airbus 2017)
La charge utile du satellite météo MetOp-C, développé et construit par Airbus, débarque à Toulouse pour une période de tests. Dans quelques mois, le satellite permettra d’affiner les prévisions météorologiques jusqu’alors fournies par ses deux aînés MetOp-A et MetOp-B. Mais surtout, il préfigure l’arrivée des six satellites MetOp seconde génération à la précision inégalée.

Elle est arrivée. Après avoir terminé une première phase de test au centre technique néerlandais de l'agence spatiale européenne (Estec), la charge utile du troisième satellite météo de la famille MetOp est désormais à Toulouse. Développée et construite par Airbus Defense & Space (Airbus DS) pour l'Esa et l'Organisation européenne pour l'exploitation de satellites météorologiques (Eumetsat), elle doit être intégrée au corps du satellite MetOp-C préalablement fabriqué dans la Ville rose :

"Dans les prochaines semaines, MetOp-C subira une série d'essais de radiofréquence, explique Jean-Paul Gardelle, chef du projet MetOp à Airbus DS. Les panneaux solaires, dernière pièce manquante, seront ajoutés en novembre, juste avant les tests de vibrations. Enfin, des essais de compatibilité entre les modules logiciels et matériels du satellite de quatre tonnes seront menés peu avant son lancement prévu depuis Kourou en octobre 2018".

Un jour gagné dans les prévisions

Ainsi, cadet d'une fratrie de trois, MetOp-C rejoindra bientôt ses aînés MetOp-A et MetOp-B, respectivement en orbite depuis 2006 et 2012. Au départ, chaque satellite de la série était prévu pour remplacer son prédécesseur. Mais, face aux excellentes performances de la petite famille, MetOp-A a déjà vécu le double de son espérance de vie originellement de cinq ans, et MetOp-B est également sur le point de dépasser sa durée de vie programmée.

Placés en orbite polaire à 800 kilomètres d'altitude, les satellites MetOp complètent les observations de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui fournit gratuitement des données météorologiques au monde entier depuis plus de 40 ans. Ainsi, le lancement à venir de MetOp-C devrait encore améliorer la quantité et la qualité des données et observations utilisées pour les prévisions météorologiques :

"Les deux premiers satellites MetOp nous ont permis de gagner un jour dans les prévisions, c'est-à-dire prédire un événement météo avec la même précision mais 24h plus tôt, éclaire Jean-Paul Gardelle. Les trois satellites MetOp possèdent les mêmes 12 instruments, mais avec Metop-C, nous allons multiplier les données recueillies. C'est le seul moyen d'améliorer les prévisions car le temps change très vite".

Metop

Plateforme du satellite MetOp-C dans les locaux d'Airbus DS à Toulouse, à laquelle la charge utile construite aux Pays-Bas va bientôt être intégrée. Crédit: Airbus 2017

Surveillances de la couche d'ozone et de la banquise

Tout d'abord, les instruments de pointe des satellites MetOp permettent d'effectuer des mesures à la surface terrestre et dans l'atmosphère. MetOp-C surveillera donc bientôt la température à la surface des continents et des océans. Ces données sont notamment nécessaires à l'analyse des couvertures de neige et de glace.

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Grâce à l'instrument ADCS, la famille MetOp est également capable de retransmettre les mesures météo recueillies par les 5000 bateaux, bouées et stations de recherche répartis sur tout le globe. L'instrument Ascat, permet quant à lui de mesurer la direction et la vitesse des vents à la surface des océans. De plus, pression, température, hygrométrie et concentration en certains gaz (ozone, CO2) sont mesurés à plusieurs altitudes. Des informations précieuses dans le cadre de la lutte contre le changement climatique :

"Sur les 50 variables climatiques essentielles établies par le GIEC (Groupe d'experts international sur l'étude du climat, NDLR), 26 ne sont observables que depuis l'espace", appuyait en effet fin 2015 le président du Cnes, Jean-Yves Le Gall.

MetOp : la nouvelle génération est en marche

Enfin et surtout, la finalisation du satellite MetOp-C donne le coup d'envoi du projet MetOp-Second Generation dont le budget, financé par l'Esa et Eumetsat, dépasse les 4 milliards d'euros. Ce nouveau volet de l'aventure MetOp verra le déploiement de six satellites au lieu de trois, envoyés par paires tous les 7 ans. Le lancement des deux premiers satellites, dont le coût s'élève à environ 820 M€, est prévu pour 2021. Les quatre suivants étant moins chers, le prix de la série sera inférieur à 1,6 milliard, selon Graeme Mason, le directeur du programme à l'Esa.

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Équipés d'instruments plus gros, plus précis et plus performants, dérivés des douze de l'ancienne génération, les six nouveaux satellites MetOp offriront aussi des fonctionnalités inédites :

"Un des équipements permettra par exemple de mesurer les éclairs et d'étudier les orages comme jamais encore cela n'a été fait", annonce et conclut Jean-Paul Gardelle.

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