Cockpit du futur : un copilote virtuel pour anticiper les situations à risque ?

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Ali Zolghadri, chercheur du CNRS au laboratoire de l'intégration du matériau au système, travaille sur la thématique du pilote virtuel depuis un an et demi
Ali Zolghadri, chercheur du CNRS au laboratoire de l'intégration du matériau au système, travaille sur la thématique du "pilote virtuel" depuis un an et demi (Crédits : Frédérique Plas/CNRS Photothèque)
Deux pilotes humains et un pilote virtuel. Pour Ali Zolghadri, professeur à l’université de Bordeaux, c’est la définition du cockpit du futur. Le chercheur travaille sur des algorithmes d’aide à la décision, des "pilotes virtuels", qu’il présentera au 20e Congrès international de l’automatique ce 11 juillet à Toulouse.

Y aura-t-il trois pilotes dans l'avion ? Dans le cockpit du futur, en plus du commandant de bord et de son second, un troisième pilote virtuel devrait bientôt permettre d'alerter précocement l'équipage de situations de vol complexes ou à risque. Une avancée destinée à réduire le nombre d'accidents et d'incidents d'avion, ceci malgré la croissance constante du trafic aérien, qui double tous les 15 ans. En 2050, selon certaines projections, 16 milliards de voyageurs utiliseront ce moyen de transport au moins une fois par an.

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Des prédictions inédites

Ali Zolghadri, professeur à l'université de Bordeaux, travaille sur d'innovants systèmes informationnels d'aide à la décision. Le 11 juillet prochain, il présentera ses recherches pour la première fois au 20e Congrès mondial de l'IFAC (International Federation of Automatic Control) à Toulouse. Ali Zolghadri espère ainsi séduire le géant Airbus, avec lequel il a déjà développé un système de détection de pannes des gouvernes (volets mobiles qui contrôlent l'attitude des avions), opérationnel depuis janvier 2015 sur le long courrier de nouvelle génération Airbus A350.

"Pendant les phases de vol délicates, le pilote virtuel fournira une information anticipée grâce à un algorithme spécifique et en utilisant les données des capteurs disponibles à bord, explique Ali Zolghadri. Cette 'prédiction' sera beaucoup plus précoce que l'allumage d'un voyant rouge, et c'est une donnée fondamentale à laquelle les pilotes n'ont pas accès aujourd'hui".

Ainsi, le rôle du pilote virtuel sera de surveiller en permanence les paramètres de vol critiques (vitesse, angle d'attaque, facteur de charge,...) qui peuvent varier de façon anormale en raison des perturbations extérieures (conditions météorologiques) et des dysfonctionnements liés à l'avion. En cas de tendance de sortie de l'enveloppe de vol (c'est-à-dire des conditions qui garantissent le vol nominal) l'alerte sera immédiatement donnée et des options proposées pour rétablir la situation.

C'est l'Homme qui décide

En outre, pour le chercheur du CNRS au laboratoire de l'intégration du matériau au système:

"Ce sont toujours les pilotes en chair et en os qui ont la main. Le système algorithmique n'est là que pour assister les pilotes humains et leur proposer des options avant que la situation ne devienne critique".

Toutefois, il faudra encore quelques années de recherche avant que cette solution pour équiper le cockpit du futur ne devienne opérationnelle. "Un bon algorithme d'automatique doit être à la fois robuste et performant. Cela nécessite encore beaucoup de travail en termes de développements théoriques, mais également en termes de tests, d'évaluation et de validation industriels. Atteindre un tel niveau de précision nécessite donc du temps", conclut Ali Zolghadri.

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