Toulouse Tech Transfer vise l'auto-financement autour de 2022

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Pierre Dufresne
Pierre Dufresne (Crédits : Rémi Benoit)
Toulouse Tech Tranfer vient de signer un partenariat avec l'Inra pour valoriser les innovations de cet institut de recherche. Créé en 2012, la société d'accélération de transfert de technologie va recevoir 24 millions d'euros d'ici à 2017 de la part de l'État. Elle devrait être autonome vers 2022. Interview de son président Pierre Dufresne.

En quoi consiste l'accord que Toulouse Tech Transfer a signé avec l'Inra ?
Notre périmètre d'intervention est défini par nos actionnaires (CNRS, universités, etc.). Jusqu'à présent, nous ne pouvions pas en faire profiter l'Inra. Le partenariat signé jeudi 9 avril nous permettra d'investir sur quelques projets par an et de partager les revenus issus des valorisations. Nous avons passé un accord du même type avec le Cnes en début d'année et un autre partenariat devrait être signé avec l'Inserm cette année.

Quel est le bilan de TTT depuis sa création en 2012 ?
Au total, 91 projets ont été lancés pour un engagement de 12,5 millions d'euros. En 2014, 38 nouveaux projets, contre 32 en 2013, ont été engagés pour un montant de 5,6 millions d'euros. À cela s'ajoutent 3,8 millions d'euros de dépenses pour les projets des années précédentes.

En nombre de projets, l'aéronautique est le pôle le plus important mais, en montants engagés, c'est la santé qui demande le plus de financement (un million d'euros cette année).

Vos objectifs sont-ils atteints ?
Nous sommes assez contents de nos résultats. Nous avons tenu nos engagements. Nous faisons le flux de projets prévus, tout en dépensant un peu moins. Nous nous déployons d'année en année. Avec 40 salariés aujourd'hui, nous pouvons chercher et traiter plus de projets. En 2015, nous devrions en lancer 45. Notre but est d'atteindre les 50 dossiers par an.

Combien de projets lancés ont été valorisés ?
Nous avons signé 28 transferts, c'est-à-dire 28 contrats de licence qui donnent le droit à des entreprises d'utiliser des brevets déposés par des chercheurs. Les transferts sont en hausse également. Nous en avons signé 15 en 2014 et sans doute 24 cette année. Cela nous a permis de recevoir 250 000 euros de redevances en 2014.

Lorsque nous opérons le transfert, il faut ensuite attendre un peu avant que l'entreprise ne vende son produit. Les retours sont plus rapides dans le domaine de l'informatique que dans la santé, car les innovations sont plus facilement applicables. Il faut parfois attendre 7 ans pour mettre une nouvelle molécule sur le marché pharmaceutique. C'est d'ailleurs en raison de ces temps longs que seul l'État pouvait investir.

Quels sont les projets emblématiques soutenus par TTT ?
Celui du laboratoire LRSV (qui révolutionne la biologie végétale, NDLR) a un potentiel important. Nous devons prendre le risque de la soutenir. 400 000 euros ont déjà été engagés. On peut envisager de doubler ce montant car cette innovation suscite l'intérêt.

Les trois-quarts des 28 transferts ont été opérés vers des entreprises midi-pyrénéennes. C'est important en termes d'image. Nous pourrions vendre nos licences à Monsanto, mais l'objectif est de créer de la richesse localement.

En confirmant son soutien à TTT, l'État a rappelé la nécessité de se "mettre sur la voie de l'autofinancement". À quelle échéance est-ce envisageable pour TTT ?
L'État vient en effet d'évaluer notre activité et de renouveler son soutien en nous attribuant 24 millions d'euros pour l'exercice 2015-2017. C'est la plus grosse enveloppe au niveau national.

Nous devons être autofinancés en 10 ans. Pour cela, il faut générer 7 millions d'euros par an de revenu. En plus des licences, nous avons initié cette année des activités connexes (gestion de plateforme, conseil en innovation et veille). Elles monteront en puissance en 2016. Nous ne l'atteindrons peut-être pas complètement la 10e année, mais l'objectif est clair.

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