"La révolution numérique est là, autant être au centre ! ", interview de Philippe Coste, directeur délégué Toulouse French Tech

 |   |  703  mots
Philippe Coste
Philippe Coste
Philippe Coste, 45 ans, directeur de l'école Epitech, a été nommé directeur délégué French Tech Toulouse. Il devient le coordinateur de toutes les actions menées par les acteurs du dossier, et le premier interlocuteur des start-up qui souhaitent s'installer à Toulouse. Interview d'un geek optimiste.

Objectif News - Vous avez assisté au Jeudigital (événement initié par Axelle Lemaire où les start-up "pitchent" devant des grands décideurs économiques) de jeudi dernier à Matignon, qu'en avez-vous pensé?

Philippe Coste : Ce fut un poil impressionnant et globalement une super expérience. C'est un format d'évent très intéressant, devant un parterre de jeunes loups de cabinets ministériels, d'investisseurs de haut vol, de stars du numériques (il y avait Xavier Niel), de ministres dont le Premier ministre, tout cela sous les ors de la république ! Plus concrètement, l'événement contribue à faire bouger les lignes au sommet de l'État. Il offre aussi une visibilité extraordinaire aux start-ups présentes. À nous désormais de répliquer cela ici à Toulouse et d'accompagner des start-ups toulousaines sur les prochaines éditions.

Quel votre rôle en tant que directeur délégué French Tech Toulouse ?

Je suis là pour coordonner les personnes et les entités actives dans le collectif French Tech Toulouse, mais aussi pour rendre lisibles leurs actions auprès des entrepreneurs. Je suis là pour guider les start-up selon leurs attentes, leur degré de maturité. Une sorte de guichet d'entrée, d'interlocuteur unique !

On entend souvent que le dossier French Tech Toulouse a été difficile à monter, pourquoi ?

C'est à la fois la faiblesse et la force de notre dossier : notre diversité. Il y a à Toulouse et dans sa région une multiplicité d'acteurs dans le numérique. Il a fallu dépasser la bataille d'égo pour fédérer tout le monde autour d'une ambition commune. Nous y sommes arrivés, nous en sommes très fiers. Dans d'autres métropoles, les défis étaient différents : il fallait créer des associations, trouver les initiatives à porter... chez nous, il y avait déjà tout ça. Il fallait simplement harmoniser les projets et structures existantes.

Toulouse est-elle en avance sur le numérique ?

Toulouse se targue depuis longtemps d'être une ville du numérique, mais d'autres villes ont saisi avant nous l'aventure numérique comme un levier leur permettant de remailler leurs territoires, de redonner une dynamique. Même si nous avons été un peu plus longs au démarrage, nous avons obtenu le label, et la dynamique est en marche. Il y a sur notre territoire un nombre incroyable de start-up très prometteuses. En tant que directeur d'Epitech, je vois chaque jour des jeunes qui veulent monter leur entreprise. Laissons-les faire, c'est super !

Comment allez-vous faire pour attirer des start-up étrangères ?

Le label French Tech en lui-même apporte beaucoup. Vu des États-Unis par exemple, fédérer tout l'écosystème numérique français sous un même drapeau est un symbole fort. Par ailleurs, les entreprises de la Silicon Valley reconnaissent la qualité et l'excellence des ressources humaines françaises. N'oublions pas que nous les Français, sommes les plus grands acteurs de notre propre bashing... La révolution numérique est en marche, alors autant en être le centre ! À Toulouse, notre "identité" sera basée sur l'expérimentation. Nous espérons attirer 20 % de start-up étrangères en plus en 10 ans. C'est un vrai pari.

BPI France va débloquer 200 M€ à destination des "accélérateurs" de start-up. Qui en bénéficiera à Toulouse ?

Je ne sais pas encore. Le gouvernement doit publier très rapidement un appel à manifestation d'intérêt pour que les accélérateurs intéressés puissent candidater à l'obtention de fonds. Il y a une dizaine d'accélérateurs ici, qui regroupent des structures très différentes, et complémentaires. À mon avis, les structures qui présentent une unité de lieu et d'action seront privilégiées. De même que celles déjà capables de lever des fonds.

La révolution numérique finalement c'est quoi ?

Nous sommes dans une période géniale où le numérique permet d'inventer quelque chose qui révolutionne le monde depuis votre canapé. D'où la nécessité de pouvoir confronter les idées le plus rapidement possible au marché, pour leur donner de la puissance de vie. Sortons des vieux modèles, Twitter n'a pas été inventé dans un laboratoire de recherche !

©photo DR

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :