Les demandes de colocations explosent à Toulouse, mais l'offre ne suit pas

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Toulouse manque de T3 et T4 pour accueillir les colocations
Toulouse manque de T3 et T4 pour accueillir les colocations
L’évolution du marché de la colocation à Toulouse depuis 2011 a été étudiée à la suite d'une enquête réalisée par l’Union des syndicats de l’immobilier Midi-Pyrénées. Principal enseignement : les demandeurs de colocation sont nombreux, mais les professionnels de l’immobilier ne parviennent pas à répondre à leurs besoins. À noter que les "coloc'" ne sont pas que des étudiants.

En cette période de transition entre deux années scolaires, beaucoup d'étudiants commencent à se lancer à la recherche d'un futur logement. Et un certain nombre d'entre eux opte pour la colocation. En effet, vivre à plusieurs offre certains avantages, comme un loyer moins cher pour un espace plus grand.

Cette semaine, l'Unis (Union des syndicats de l'immobilier) de Midi-Pyrénées a rendu publics les résultats d'une enquête sur la colocation au sein de la Ville rose.

"La colocation est un phénomène qui s'amplifie depuis 2011, c'est pour cela que nous avons lancé cette enquête, explique Janine Redon, présidente de l'Unis. On parle beaucoup de la colocation à l'échelle nationale, mais nous avons voulu observer ce phénomène de plus près, à l'échelle locale. À Toulouse, on se rend compte que la colocation est très bien implantée, elle fait partie des mœurs."

Les professionnels ne peuvent pas satisfaire la demande

Au vu des résultats de cette enquête, le constat est sans appel : entre 45 et 55 % des demandes de colocations ne peuvent aboutir. Les professionnels de l'immobilier font donc face à un problème. En effet, les T3 et T4 sont les types de logements principalement visés par les jeunes qui souhaitent se lancer dans une colocation, mais, selon Janine Redon, "il n'y en a pas suffisamment sur Toulouse."

"Les nouveaux T3 et T4 toulousains construits dans des quartiers, comme Borderouge ou Pont-Jumeaux par exemple, ne sont pas adaptés aux colocations. Ils sont fait pour des familles avec un ou deux enfants, pas pour des étudiants. Les colocataires préfèrent s'orienter vers des appartements plus atypiques."

D'autant plus que, toujours selon Janine Redon, les derniers décrets de la loi Alur compliquent également la procédure pour acquérir un bien en colocation.

"Les nouvelles formes de contrats ainsi que les tâches administratives sont de plus en plus longues et bien trop lourdes pour des colocations. Il est vrai que c'est aux professionnels de s'adapter, mais c'est extrêmement compliqué actuellement", développe la présidente de l'Unis.

Pourtant, la demande de colocation ne cesse d'augmenter

Cependant, malgré un manque de T3 et T4 adaptés à la colocation à Toulouse, la demande n'a jamais faibli. "50 % des T3 et T4 toulousains sont aujourd'hui occupés par des colocataires, un chiffre quasi similaire à l'année 2011", explique Janine Redon.

La présidente de l'Unis a remarqué que, pour faire face au manque d'offres adaptées des professionnels de l'immobilier, les colocataires ont modifié leurs attentes.

"En 2011, les colocataires demandaient en général un appartement en centre-ville, atypique, etc. Ils étaient bien plus exigeants qu'aujourd'hui. Actuellement, ils souhaitent simplement se situer à proximité d'un moyen de transport. Voilà l'exigence principale des colocataires."

Les futurs colocataires ont également accès à de nouveaux outils de recherche, notamment des sites internet qui proposent des idées de colocation entre des personnes qui ne se connaissent pas, mais avec des envies similaires.

"Depuis peu, les locataires cherchent un appartement avant d'avoir trouvé des personnes avec qui réaliser la colocation. Avant l'arrivée de ces sites internet, les deux futurs colocataires venaient ensemble inspecter les moindres recoins de leur  futur appartement. Aujourd'hui, une personne vient seule visiter l'appartement sans savoir qui habitera avec elle."

Aujourd'hui, le marché de la colocation à Toulouse est donc un marché où la demande ne cesse de croître malgré une offre pas forcément adaptée. Il faut également noter qu'actuellement, "la colocation n'est plus réservée exclusivement aux étudiants. De nombreuses personnes qui rentrent dans la vie active et qui n'ont pas forcément les moyens de se payer un loyer optent pour ce type de location", assure Janine Redon, la présidente de l'Unis.

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