Pierre Fabre et Evotec : les deux laboratoires de l'Oncopole préparent un partenariat

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Craig Johnstone, directeur général Evotec France et Laurent Audoly, directeur recherche et développement du groupe Pierre Fabre
Craig Johnstone, directeur général Evotec France et Laurent Audoly, directeur recherche et développement du groupe Pierre Fabre (Crédits : Rémi Benoit)
Fers de lance de l'Oncopole, Evotec et les Laboratoires Pierre Fabre, deux laboratoires internationaux, sont la garantie que les industriels sont présents sur le site. Depuis le départ de Sanofi de Toulouse, quelles relations entretiennent les dirigeants de Pierre Fabre et d'Evotec ? Quelles sont leurs stratégies ? Laurent Audouly, directeur recherche et développement du groupe Pierre Fabre, et Craig Johnstone, directeur général Evotec France, ont évoqué leurs stratégies respectives le 25 septembre lors du 1er Forum Innovation Santé à Toulouse.

Ils se connaissent bien, et pour cause : leurs enfants sont dans la même école. Laurent Audoly directeur recherche et développement du groupe Pierre Fabre, et Craig Johnstone, directeur général Evotec France, ne sont pas seulement parents d'élèves, ils sont aussi voisins. En effet, depuis que Sanofi a quitté l'Oncopole à Toulouse, c'est le laboratoire allemand qui a pris place au sein du bioparc de l'Oncopole, non loin du vaisseau amiral des Laboratoires Pierre Fabre.

Les deux entreprises sont des mastodontes du secteur de la santé : Pierre Fabre représente 10 000 collaborateurs, 2,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2014 dont 43 % pour la branche pharmaceutique, Pierre Fabre Médicament.

De son côté, Werner Lanthaler, le CEO d'Evotec, compte recruter 20 chercheurs et vise un effectif avoisinant les 300 à 350 salariés d'ici à 5 ans à Toulouse.

Pierre Fabre tend la main à l'écosystème

"Le site de Langlade est le vaisseau amiral de Pierre Fabre en matière de R&D, et le succès de Pierre Fabre passe en partie par le succès de son écosystème toulousain", affirme Laurent Audoly, dont la mission est de "capter l'innovation qui donnera lieu à de la création de valeur".

Depuis un an, le groupe a focalisé ses moyens sur l'oncologie, la dermatologie et la santé familiale, des secteurs où il souhaite être très compétitif. "Il faut éviter la dispersion des moyens. On ne peut pas être bon partout et nous avons fait des choix", affirme celui qui dirige l'ensemble de la R&D du groupe.

Autre stratégie déployée : être un moteur de l'écosystème "santé" toulousain. Dans le cadre de l'Oncopole, le laboratoire souhaite devenir "un partenaire de choix" à la fois au niveau local et au niveau mondial. Pour cela, Laurent Audoly fait en sorte que l'entreprise gagne en visibilité et s'adresse aux startups, biotechs et porteurs de projets:

"Si vous avez des bonnes idées, des projets, venez en discuter avec nous. Nous pouvons vous accompagner, créer des partenariats, nous sommes présents et disponibles. Nous sommes à la recherche de talents, au niveau mondial."

Evotec Pierre Fabre

Laurent Audoly et Craig Johnstone ont répondu aux questions d'Emmanuelle Durand-Rodriguez

Evotec cherche la croissance

Chez Evotec, certains talents, qui travaillaient sur le site depuis des années, sont partis avec Sanofi.

"Il y a ceux qui sont restés fidèles à Sanofi, et ceux qui sont restés, sans avoir de visibilité sur leur avenir. Je pense que ces derniers veulent vraiment s'investir, personnellement, sur le projet de l'Oncopole, et construire avec Evotec quelque chose de nouveau."

Pour rappel, Evotec est présent sur 4 sites : Hambourg, Oxford, San Francisco et Toulouse. Sur l'Oncopole, le laboratoire allemand a trouvé non seulement des locaux adaptés et les personnels qualifiés pour assumer son désir de croissance, mais aussi "la proximité des hôpitaux, de l'Oncopole, de Pierre Fabre, et des biotechs de Labège", explique Craig Johnstone.

Des synergies naturelles

L'arrivée d'Evotec à Toulouse est "évidemment un point positif" selon Laurent Audoly, qui reconnaît avoir eu peur au moment où Sanofi a annoncé son départ de l'Oncopole : "le retrait d'une big pharma n'était pas une bonne nouvelle".

Désormais, Pierre Fabre affiche une bonne entente avec son nouveau voisin allemand :

"Si nous discutons d'un partenariat sur l'oncologie, ce n'est pas seulement parce que nous sommes voisins, mais surtout parce qu'un partenariat potentiel entre nos deux entreprises pourrait apporter une forte valeur ajoutée."

La proximité des deux sites permet par ailleurs "d'avoir des discussions informelles, plus naturelles".

Par ailleurs, un partenariat Evotec / Pierre Fabre permettrait aussi de "partager les réseaux". "Nous aurons accès à leur écosystème et vice versa", explique Laurent Audoly :

"Les relations unilatérales entre deux partenaires qui se regardent sans partager avec les autres ne peuvent plus fonctionner. La compétition est mondiale, il est impossible d'avancer tout seul. Il y a une nécessite vitale de favoriser un écosystème et de faciliter les interactions."

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