COP21 Toulouse : La voiture électrique, solution incontournable au réchauffement climatique ?

 |   |  927  mots
Olivier Colas, Julien Cotteverte, Philippe Guyard, Valérie Jimenez et Vincent Lemaire étaient les invités de la table ronde.
Olivier Colas, Julien Cotteverte, Philippe Guyard, Valérie Jimenez et Vincent Lemaire étaient les invités de la table ronde. (Crédits : Rémi Benoit)
La révolution de la mobilité est en marche et elle passera par le véhicule électrique. À l'occasion du Forum COP21 Toulouse organisé par La Tribune-Objectif News, différents acteurs du monde des transports ont pu croiser leurs points de vue sur les enjeux liés au changement climatique. À lui seul le secteur représente un tiers de la consommation d'énergie finale en France, ainsi que 27 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour réduire la facture, la solution passera par le développement de véhicules hybrides ou électriques. Un véritable défi.

"L'électrique est la solution." Julien Cotteverte est clair : les transports ont leur part de responsabilité dans les enjeux liés au changement climatique. Pour le coordonnateur de Renault-France pour les véhicules zéro émission, la solution passe par le développement du marché de l'électrique. Et à ce jeu Renault est en bonne position :"Nous sommes désormais incontournables car sur les 55 000 véhicules électriques de France, 35 000 sont produits par Renault", précise Julien Cotteverte. Un chiffre en progression constante chaque année, notamment grâce à la mise en place par l'État d'un superbonus accordé au acheteurs de voitures peu polluantes.

Un frein psychologique

Mais dans les faits, le moteur électrique est encore loin de supplanter l'essence ou le diesel. Lors de la table ronde, les participants ont identifié deux soucis majeurs. Tout d'abord, le coût.

"Tout le monde est d'accord pour franchir le pas, explique Julien Cotteverte. Mais si c'est trop cher, les usagers n'achèteront pas. Les personnes qui possèdent de vieilles voitures fonctionnant au diesel sont contraintes financièrement. Si nous leur proposons un prix attractif, elle changeront de véhicule à coup sûr."

L'autre frein à l'achat relève d'un aspect pratique. En effet, beaucoup d'automobilistes hésitent à basculer dans l'électrique par crainte de ne pas trouver une borne de recharge au moment où ils en auront besoin.

"Il y a un cap psychologique à franchir pour que les gens achètent une voiture électrique, poursuit Julien Cotteverte. L'autonomie, c'est d'aller d'un point A à un point B sans se poser de questions."

En d'autres termes, il s'agit de rouler sans avoir peur de tomber en panne.

"Aujourd'hui une voiture électrique possède une autonomie d'environ 150 km, alors qu'un conducteur moyen parcours environ 31km par jour. Le frein est donc purement psychologique. Par ailleurs, nous nous sommes même rendus compte que les propriétaires de véhicule électrique ne rechargent leurs voitures que tous les deux jours et demi en moyenne."

Le représentant de Renault poursuit : "Aujourd'hui nous savons faire beaucoup de choses mais la vraie question est de savoir combien ça coûte. Le véhicule électrique qui possède une autonomie de 300km ça existe, mais il est produit par Tesla et il coûte 80 000 euros."

800 points de charge installés dans la future grande région

Pour Olivier Colas, directeur du développement de Blue Solutions au sein du groupe Bolloré, le marché du véhicule électrique ne pourra se développer qu'à condition que la France soit entièrement couverte par un réseau de bornes de rechargement. Un plan très ambitieux auquel travaille actuellement le groupe Bolloré. Objectif : développer un réseau de 16 000 points de charge d'ici à 2019. Dont la moitié d'ici à fin 2016.

"Il faut impérativement ce réseau pour que cela fonctionne, maintient Olivier Colas. L'État a d'ailleurs demandé aux collectivités d'investir dans ce domaine. Pour la future grande région, on prévoit d'installer près de 800 points de charge, dont une centaine à Toulouse."

D'après Olivier Colas, le marché de l'électromobilité existe bel et bien. "Pour le moment ce modèle économique n'est pas simple. Mais quand nous avons lancé l'auto-partage, le résultat s'est avéré plus rentable que prévu. Installons les bornes, et les résultats viendront."

Un point de vue complété par Julien Cotteverte :

"Nous passons à la deuxième génération de bornes de recharge. Il suffira de 4 heures pour recharger un véhicule, une demi-heure sur une borne de recharge rapide que l'on pourra trouver sur des aires d'autoroutes par exemple."

Des contraintes techniques qui persistent

Mais tous les professionnels des transports ne peuvent pas espérer une transition immédiate vers le tout électrique. Parmi les invités de la table ronde, Vincent Lemaire, président de Safra, entreprise spécialisée dans la carrosserie automobile et industrielle, s'est chargé de nuancer le débat. Selon lui la technologie actuelle ne permet pas de créer des véhicules de transport publics fonctionnant au tout électrique. Exemple pour un bus :

"Pour une journée normale de service, il faut embarquer 5 tonnes de batteries. Le véhicule pèse alors 14 tonnes, contre 11 tonnes en diesel. Imaginez la consommation !"

Ainsi, Safra propose Businova, un bus hybride destiné à évoluer vers le 100 % électrique lorsque la technologie aura évolué. "Notre base mécanique le permet" ajoute le dirigeant. Lancé en février 2015, cette nouvelle gamme dispose d'une autonomie de 20 0km par jour. Quatre de ces véhicules circulent actuellement en France.

De son côté Valérie Jimenez, présidente de l'entreprise de transport routier Jimenez FVA, expose ses difficultés à passer sa flotte au tout électrique ;

"Demain, si je peux faire rouler mes camions à l'électrique, je le ferais sans problème, indique la dirigeante. Mais aujourd'hui la technologie n'est pas encore adaptée. Si recharger une batterie prend quatre heures, que fait-on du conducteur en attendant ?"

Enfin, pour Philippe Guyard, directeur de la stratégie du groupe Actia, la transition vers le tout électrique ne pourra se faire qu'à condition de modifier notre manière de concevoir les progrès techniques.

"Aujourd'hui les avancées technologiques sont tirées par l'argument de sécurité. Dans le monde des transports, la pollution est gratuite. Aujourd'hui les contrôles techniques étudient la sécurité du véhicule, même si l'on possède un vieux diesel. La commande publique pourrait prendre en compte ces données là. Si il n'y a pas de volonté politique forte, il n'y aura pas d'avancées."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/10/2015 à 13:21 :
Vous devriez vous renseigner AVANT d'écrire. En effet, la voiture électriques est aussi calamiteuse pour l'environnement que la voiture thermique :

- il faut rouler 20km/j 365j/an pendant 10 ans pour commencer à émettre moins de co2 ! (cf La Tribune.fr, 4 décembre 2013, http://bit.ly/WELjVz ). Le pire est que tout le CO2 est rejeté AVANT même la mise en service de la voiture électrique et fait donc son effet de serre de façon plus active...

- la moitié des émissions de particules fines proviennent des plaques de freinage, des pneus et de la route : la voiture électriques est aussi nocive que la voiture thermique (cf Sciences et Vie, 23 janvier 2015 : http://bit.ly/1AiCXFX )

- l'industrie du lithium et celle du graphite (pour faire les lourdes batteries des voitures électriques) détruisent l'environnement (particulièrement en Amérique du Sud et en Chine), contaminent et exploitent les travailleurs dans des conditions moyenâgeuses.

Enfin, en France la voiture électrique est à 75% une voiture NUCLEAIRE, coupable de toutes les tares de l'atome (risques, déchets, pillage du Niger pour l'uranium, etc)

Verdict : il est stupide de gaspiller l'argent public pour remplacer des voitures polluantes par... d'autres voitures polluantes.

Cf http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article48

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :