Gilbert Gagnaire (EasyMile) , manager de l’année Biznext 2017

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Lauréats, parrains et membres du jury Biznext 2017
Lauréats, parrains et membres du jury Biznext 2017 (Crédits : Lydie Lecarpentier)
A l’occasion de la 3e édition de Biznext, organisée par La Tribune Toulouse, le fondateur et CEO d’EasyMile, a été désigné manager de l’année 2017 lors d’une soirée à Météo France lundi 13 novembre. A ses côtés, trois entreprises et un innovateur représentatifs de la transformation numérique en région toulousaine ont été mis à l’honneur. Revue de détail du palmarès.

Innovateur de l'année : Pierre Osswald, fondateur et président de Citizen Farm

Siège social : Miolles (Tarn)

Activité : Mini-ferme urbaine en aquaponie

Pierre Osswald a été désigné Innovateur de l'année par le jury de Biznext 2017. Citizen Farm, la startup créée par le jeune homme en 2014 alors qu'il était encore étudiant à TBS, propose des solutions pour l'alimentation de la population urbaine de demain. Pour cela, la startup a choisi de développer des solutions de production adaptées à l'environnement urbain, mais visant aussi à faire de la pédagogie. Pierre Osswald (30 ans) a tout d'abord passé un bac d'électro-technique à Albi, avant de travailler dans la restauration ou la charpente métallique... En 2011, il rejoint le programme Bachelor de TBS.

Citizen Farm a développé trois gammes de produits : Oz, un aquarium-potager pour faire pousser des plantes aromatiques en aquaponie, destiné aux particuliers, enfants et écoles. OïkoFarm, une mini-ferme urbaine mobile conçue à partir d'un container maritime recyclé qui permet de faire pousser des légumes sous serres sur deux étages sur 15m² au sol. Et enfin, des fermes urbaines sur-mesure (OïkoFarm²).

"L'aquaponie est un système qui est jusqu'à dix fois plus productif que la culture traditionnelle", explique Pierre Osswald, "tout en étant économe en eau et en n'utilisant aucun produit chimique". L'expérimentation grandeur nature menée à Toulouse dans le cadre de la Smart City de juin 2016 à septembre 2017 a permis de produire 400 kgs de légumes selon le fondateur de Citizen Farm. Une levée de fonds (800 K€) est envisagée pour 2018 afin d'accélérer le développement de Citizen Farm en Europe.

Autres nominés : Jean-Jacques Bois (Nanolike) et Matthieu Claybrough (Donecle).

Start up de l'année : Uwinloc

Siège social : Colomiers (Haute-Garonne)

Activité : Conception et commercialisation de solutions de traçabilité pour l'industrie du futur

Uwinloc a mis au point la première étiquette connectée fonctionnant sans batterie permettant de localiser de grandes quantités d'objets dans des espaces fermés de grand volume, de type entrepôts ou sites industriels. Son étiquette permet de localiser un produit avec une précision de 30 cm dans l'espace grâce aux capteurs installés dans l'entrepôt. L'étiquette "se nourrit" de l'énergie environnante pour restituer un signal aux balises. Cela permet aussi de tracer les déplacements des produits (par exemple pour des outils sur un site industriel afin d'analyser les flux de production).

En deux ans, la startup a conquis 25 clients dans cinq pays (Europe et Etats-Unis). Un premier contrat a été signé fin 2016 avec Satair, filiale d'Airbus, l'un des leaders mondiaux des pièces détachées d'avion, pour son entrepôt de Hambourg. L'accord prévoit l'équipement de l'entrepôt d'Hambourg, puis de l'ensemble des sites mondiaux de cette filiale d'Airbus qui gère 1,3 milliard d'euros de pièces détachées. Après la fabrication de pré-séries, Uwinloc vient de lancer l'industrialisation de ses étiquettes, confiée à Lacroix électronique et d'autres prestataires.

Uwinloc clôture fin 2017 une levée de fonds de 900 K€ auprès d'acteurs français et japonais. L'entrée de deux nouveaux fonds d'investissement est prévue pour mars 2018 pour un montant compris entre 2 et 3 M€. Ces deux levées de fonds successives doivent servir à accélérer l'internationalisation de l'entreprise et renforcer sa R&D.

Début 2018, la startup quitte le Biz Lab d'Airbus (dont elle fait partie depuis sa création) pour s'installer à Blagnac.

Autres nominés : Gamamabs Pharma (Toulouse) et Ze Watt (Toulouse).

Croissance internationale : Delair

Siège social : Labège (Haute-Garonne)

Activité : Drones et systèmes d'acquisition et de traitement de données pour la surveillance de sites industriels ou naturels

Créée en 2011 à Toulouse par quatre polytechniciens, Delair (ex Delair-Tech) conçoit, produit et exploite des mini-drones de longue endurance pour la surveillance de sites industriels ou naturels.

Delair est devenu en quelques années l'un des leaders mondiaux du drone professionnel et des applications industrielles.

Les drones Delair sont distribués dans 80 pays (couvrant tous les grands marchés) par 250 distributeurs. En 2016, grâce à une croissance organique rapide et des rachats d'entreprises stratégiques (filiale belge de Trimble), Delair a renforcé sa position comme l'un des acteurs incontournables de l'industrie du drone professionnel. Grâce à sa stratégie d'expansion mondiale, la société compte désormais dans son portefeuille clients un grand nombre de groupes industriels du monde entier. En 2016, 51 % du CA a été réalisé hors Europe dont 24 % en Asie et 22 % en Amérique (dont 13 % Amérique du Nord). Parmi ses prochains objectifs, la startup prévoit de déployer son offre sur les cinq continents, de se rapprocher des grands comptes à l'étranger et de créer une nouvelle filiale en Chine.

"Nous sommes sur toute la chaîne de valeur du drone : le hardware (l'engin volant), le software (les logiciels) et les services (analyses et recommandations)", résume Michaël de Lagarde, CEO de Delair. C'est là, selon lui, que réside la véritable valeur du marché des drones professionnels.

Delair vient de signer un partenariat avec Intel pour développer une plateforme d'analyse de données aériennes. En 2018, l'entreprise va s'attaquer au marché du géospatial avec l'arrivée du nouveau drone, l'UX11, destiné aux professionnels de la topographie et du BTP.

Le chiffre d'affaires de Delair a triplé en 2016 pour atteindre 7,1 millions de dollars. Il devrait atteindre 25 M$ fin 2017.

Autres nominés : Genoskin (Toulouse) et Naïo Technologies (Ramonville).

Manager de l'année : Gilbert Gagnaire, fondateur et président d'EasyMile

Siège social : Toulouse

Activité : Conception de véhicules autonomes pour le transport collectif et la logistique

Gilbert Gagnaire, 55 ans, est le fondateur et CEO d'EasyMile, spécialiste du transport de personnes ou de marchandises à partir de véhicules électriques et 100 % autonomes. La navette autonome EZ10, est conçue pour circuler en centre-ville à vitesse réduite (25-40 km/h) sur sites propres ou sur zone à trafic partagé (voitures, bus, vélos). Plus d'une centaine de tests en situation réelle ont été réalisés dans une vingtaine de pays sur tous les continents. Certaines expérimentations ont abouti à des premières exploitations commerciales. C'est le cas à Singapour, sur le site du jardin botanique Garden by the bay, mais aussi à Arlington, au Texas, pour assurer une liaison entre les parkings et le stade de baseball.
Gilbert Gagnaire est, sans conteste, un "serial entrepreneur". En 1996, il cofonde Fermat, entreprise qui conçoit des logiciels de gestion du risque bancaire (racheté par Moody en 2008). En 2012, il se lance dans la construction d'un complexe hôtelier à Bali puis, en 2014, il crée EasyMile à Toulouse avec le soutien du constructeur Ligier.

Début 2017, EasyMile a réalisé une levée de fonds de 14 M€ auprès d'Alstom et une autre auprès de Continental (montant non communiqué). L'objectif est d'accélérer le développement des technologies embarquées par les navettes autonomes et d'accompagner leur déploiement commercial à grande échelle. Outre ses bureaux à Singapour, en Australie (ouvert début 2017) et à Berlin (octobre 2017), EasyMile poursuit son internationalisation avec l'ouverture d'une représentation à Denver (prévue pour décembre 2017).

Début octobre, EasyMile a dévoilé un partenariat avec TLD, fabricant d'équipements de transport pour aéroports, afin de développer le premier tracteur de bagages 100 % autonome. Celui-ci, baptisé TractEasy, sera testé sur la base de Francazal dans la périphérie toulousaine d'ici à la mi-2018.

Autre nominés : Corinne d'Agrain, présidente du directoire d'Irdi Soridec Gestion (Toulouse) ; Anton Bielakoff, DG de Lyra Network (Labège)

Prix spécial du jury : Gamamabs Pharma

Siège social : Toulouse

Activité : Traitements innovants contre le cancer

Gamamabs Pharma était nominé dans la catégorie startup de l'année. L'entreprise créée en juin 2013 à Toulouse par Stéphane Degove et le docteur Jean-François Prost développe de nouvelles thérapies anticancéreuses. Elle travaille notamment sur un nouvel anticorps ciblant les cancers gynécologiques, dont le cancer de l'ovaire, qui a démarré en 2016 sa phase de tests cliniques. Gamamabs Pharma vient de signer avec MedImmune, filiale du groupe AstraZeneca, un accord de licence pour développer un traitement dit immunoconjugué contre le cancer. "Cet accord va renforcer notre pipeline innovant dans le domaine de l'oncologie et améliorer les options thérapeutiques pour les patients souffrant de cancer", indique Stéphane Degove, CEO de GamaMabs Pharma. "Nous poursuivons notre engagement soutenu pour élargir notre portefeuille en oncologie. Des partenariats stratégiques comme celui-ci nous permettent de continuer à élargir notre offre thérapeutique pour un grand nombre de patients".

Le produit le plus avancé de Gamamabs a démarré en 2016 sa phase de tests cliniques avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché (phase qui dure en moyenne 8 ans pour les médicaments destinés aux humains). Les premiers revenus ne sont pas attendus avant 2019 à 2021.

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