The Village : "créer un lien avec les producteurs limite le gaspillage alimentaire"

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Thomas Landrain, cofondateur de La Paillasse.
Thomas Landrain, cofondateur de La Paillasse. (Crédits : Rémi Benoit)
Le week end dernier, 100 décideurs économiques et politiques se sont réunis à Saint Bertrand de Comminges pour l'évènement The Village. Les participants ont notamment réfléchi à de nouvelles manières de créer du lien entre producteur et consommateur. Des solutions numériques émergent pour mieux valoriser le travail des agriculteurs.

"J'ai une amie qui cultive son potager dans le jardin de particuliers. Elle n'avait pas de terre pour cultiver ses légumes. Elle donne une partie de la récolte aux propriétaires du jardin, des personnes âgées ravies d'avoir de la visite. Cette initiative créé du lien social. Cela peut être aussi une solution pour les agriculteurs sans terre", propose Thomas Landrain, cofondateur du laboratoire participatif La Paillasse lors de l'atelier sur l'agriculture de demain organisé le week-end dernier à l'occasion de l'événement The Village.

Depuis quelques années, des sites comme Prêter son jardin ou Savez-vous planter chez nous proposent déjà cette forme de "glamping" du jardinage mais ces plateformes de services entre particuliers n'ont pas encore trouvé d'application pour les professionnels de l'agriculture. L'idée m'intéresse beaucoup", intervient Nelliana Douaoui, cheffe de projet à la Ferme digitale. Cette association est née de l'union de cinq startups qui proposent des solutions numériques pour l'agriculture à l'instar d'Agriconomie, une place de marché spécialisée dans les approvisionnements en équipements agricoles.

Pour Hélène Binet, porte parole de la Ruche qui dit Oui !, "créer du lien avec les producteurs permet aussi de limiter le gaspillage alimentaire". Le réseau compte 750 ruches en France, des lieux où chaque semaine les producteurs locaux viennent vendre les aliments commandés sur internet par les consommateurs depuis le site. "Mes enfants sont complètement endoctrinés dans la ruche. Quand on mange, on parle des produits car on sait qu'on mange la tomate de Thomas, l'agriculteur du coin, témoigne-t-elle. Les aliments deviennent des produits incarnés et on va avoir plus de mal à les jeter à la poubelle qu'un plat industriel sous vide".

"Il faut apprendre à penser différemment"

Mais exporter cette logique de circuits courts dans d'autres sphères sociales n'est pas sans poser des difficultés. Jean-Francois Labadie, directeur régional d'air France raconte avoir tenté d'instaurer "un vol vert par semaine" depuis Toulouse : "je voulais trouver une alternative aux gobelets en plastique et remplacer le jus d'orange d'Equateur par un jus de raisin de Moissac. Mais quand j'ai proposé cette l'idée à la CCI et la chambre d'agriculture on ne savait pas trop vers qui m'aiguiller. De la même manière les tests sur les biocarburants montrent leur efficacité mais il manque une impulsion politique pour que cela soit mis en œuvre".

 "Il faut surtout apprendre à penser différemment. Plus de gobelets en plastique cela paraît impossible pour certains mais ce sont ces modes de pensée qui sont des freins au changement", explique Jean-Eric Florin, le directeur de Midi-Pyrénées Actives. Il cite notamment l'exemple des Repêchés mignons une jeune société toulousaine qui vend des confitures confectionnés à partir de fruits et légumes mis au rebut par les supermarchés.

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