Huit mois pour sauver l’usine Bosch de Rodez

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Le groupe Robert Bosch France (RBFR) automobile a gelé un investissement de 15M€ sur son usine de Rodez
Le groupe Robert Bosch France (RBFR) automobile a gelé un investissement de 15M€ sur son usine de Rodez (Crédits : DR)
Alors que 300 emplois sont menacés à l’horizon 2020 dans l’usine Bosch de Rodez, Carole Delga doit s’entretenir avec Bruno Le Maire sur la mutation de la filière diesel. Les syndicats et le Ceser Occitanie souhaitent quant à eux que Bosch confirme ses promesses d’investissement pour le diesel 2e génération avant le mois d’avril, et oriente son site aveyronnais vers le véhicule du futur.

Depuis le Dieselgate Volkswagen, la diabolisation du diesel se répand comme une traînée de poudre. L'industrie du moteur thermique toute entière connaît des difficultés : interdiction de circuler dans les grandes villes, avantages fiscaux sur le point d'être rabotés... Près de 4 000 emplois en France et 15 000 en Europe ont été supprimés ces cinq dernières années, et le groupe Robert Bosch France (RBFR) automobile ne fait pas exception. Alors que son usine de Vénissieux doit fermer à la fin de l'année menaçant les postes d'environ 130 salariés, l'avenir du site de Rodez est lui aussi très incertain :

"En juin dernier, le groupe devait investir près de 15 millions d'euros pour transformer deux lignes de fabrication d'injecteurs diesel de 1ère génération en lignes de 2e génération pour des moteurs plus propres répondant aux futures normes européennes, explique Yannick Anglares, secrétaire du syndicat CGT Bosch Rodez. À ce jour, cet investissement est gelé et d'après les prévisions de fabrication et dans le meilleur scénario du moment, Rodez n'aurait plus qu'une seule ligne en 2020. Les emplois d'environ 300 personnes seraient alors en péril".

Toute l'usine aveyronnaise est menacée

Pire encore, pour le secrétaire du syndicat CGT Bosch Rodez, l'annonce d'un non-investissement menacerait la totalité des 1 600 salariés du site aveyronnais. En effet, la fabrication des injecteurs pour moteurs diesel représente 60% du chiffre d'affaires de l'usine.

"Si aucune des deux lignes n'est modernisée, c'est l'ensemble de l'usine qui court à la fermeture. Bosch dit attendre que le marché du diesel se stabilise mais la situation est urgente, affirme Yannick Anglares. Le temps de commander et d'installer les nouvelles machines, une décision doit être prise par la direction générale de Bosch Diesel System avant avril 2018".

C'est un fait, la filière diesel est en pleine mutation. Une transition difficile qui, pour la CGT Bosch Rodez, passe dans l'immédiat par la promotion du diesel 2e génération :

"L'injecteur diesel nouvelle génération fabriqué par Bosch est responsable d'une émission de particules plus faible que celle d'un moteur essence. Mais très peu de gens le savent, déplore Yannick Anglares. Selon moi, il faut tempérer les propos excessifs de nos dirigeants politiques et des médias".

Assurer l'avenir du "nouveau diesel"

De leur côté, la présidente de région Carole Delga et Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) prévoient d'envoyer un courrier - cosigné par les collectivités et acteurs du territoire concernés - à la Fondation Bosch à Stuttgart. Objectif : assurer l'avenir du diesel de 2e génération à Rodez et proposer de nouvelles productions en lien avec le véhicule du futur, notamment l'électrique.

En mai, la maison-mère de Bosch a annoncé un investissement d'un milliard d'euros pour la construction d'une usine dédiée à la fabrication de semi-conducteurs à Dresde (Allemagne). Cette opération, soutenue par le gouvernement fédéral allemand à hauteur de 200 millions d'euros, est le plus gros investissement réalisé pour un projet spécifique en 130 ans d'histoire de l'entreprise. Les élus et acteurs économiques concernés souhaitent donc que la compagnie effectue un investissement similaire en Aveyron.

D'autre part, Carole Delga, Jean-Louis Chauzy, l'ensemble des parlementaires aveyronnais et les maires du Grand Rodez ont demandé à rencontrer, avec l'intersyndicale du site ruthénois, le ministre de l'économie et des finances Bruno Lemaire au cours du deuxième semestre 2017.

Créer un comité de la filière automobile française

Cette réunion de travail devra permettre de relancer le comité stratégique pour la filière automobile française.

Nous allons suggérer au ministre de l'Économie d'aborder la mutation de la filière diesel de la même façon que l'Allemagne, éclaire Jean-Louis Chauzy. Le comité de la filière automobile allemande réunit les groupes industriels du pays autour d'une plateforme de recherche mutualisée : financements et ingénieurs sont mis en commun pour le développement du véhicule du futur. En France, la filière aéronautique possède elle aussi un comité de ce type, il faut s'en inspirer pour l'automobile.

Enfin, l'intersyndicale de l'usine Bosch de Rodez, inquiète de la baisse des commandes d'injecteurs diesel par Renault (90% de ses ventes), prône une responsabilisation du constructeur français PSA.

"PSA n'accepte d'acheter ses injecteurs chez Bosch que s'ils sont fabriqués dans des pays low-cost. Il faut que ça change, appuie le secrétaire du syndicat CGT Bosch Rodez. BMW commande par exemple 40 à 60% de ses équipements en Allemagne. Si PSA faisait de même, nous pourrions compenser la baisse de demande de Renault... C'est aussi ce que nous souhaitons revendiquer auprès de Bruno Le Maire".

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Commentaires
a écrit le 01/08/2017 à 12:09 :
C'est mort, il n'y aura pas de "diesel propre".

L'ICCT de Washington a déjà prévenu le gouvernement allemand qu'ils étaient parfaitement informés du fait que le SCR + AdBlue des diesel Euro 6 produisait dix fois plus de NOx en Real Life que les essences de même génération.

Les NOx étant les précurseurs des particules fines et ultrafines SECONDAIRES - les plus dangereuses - qui se forment hors du véhicule, la messe est dite pour le diesel urbain, y compris et surtout les Euro 6...

Pour bien tout comprendre sur le sujet, taper sur Google Search "AVEM" puis "Innovation Day", aller directement au dernier commentaire, et remonter progressivement. Tout y est. C'est terminé...
a écrit le 31/07/2017 à 18:42 :
le comité existe déjà il a pris 16 milliards d aide en 2009 pour aider la filière équipementiers. le problème sont les constructeurs français qui interdisent d acheter des composants fabriqués en France même si ils sont moins chers . tavarez à ordonné d acheter tous les composants en low cost Pologne pour les usines françaises et Maroc pour les usines espagnoles. Renault idem obligeant les sous traitants à ouvrir des usines aux Maroc et Pologne. alors que faire merkel est une vraie patriote pour son pays et macron idem hollande ne pense qu a leur carrière. le maire un sous doué politicards qui ne est que le maillon de décision. et Bosch Caen en 2019.... le pire c'est est que le reste de l industrie non automobile suit le même mouvement avec des stratégies du type en raison de la des industrialisation en France. A suivre
a écrit le 31/07/2017 à 15:54 :
L'ensemble des usines BOSCH de FRANCE sont repassés aux 39 h depuis des années (celles de VENISSIEUX en tête). Manifestement, ceci ne sert à rien si vous n'avez pas des produits. Mais pour avoir des produits, il faut avoir des gens compétents à la tête des entreprises, ce qui n'est pas le cas de la FRANCE, contrairement à l'ALLEMAGNE.
Quand vous êtes incompétent, et que vous êtes incapable d'assurer le développement de votre société, la seule méthode qui vous reste pour gagner plus, c'est de hurler pour des baisses d'impôts...
Réponse de le 31/07/2017 à 20:31 :
Bosch est une societe allemande....

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