Fermeture des sites Intel : "une perte de savoir-faire stratégique pour la nation"

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Les salariés d'Intel alertent le gouvernement
Les salariés d'Intel alertent le gouvernement (Crédits : © Nigel Treblin / Reuters)
Les représentants du personnel d'Intel France ont rencontré hier après-midi (le 27 juillet) le ministère de l'Économie et le ministère du Travail. Ils ont alerté le gouvernement sur "l’enjeu national que représenterait la fermeture pure et simple des sites de R&D d’Intel France." Sur le site de Toulouse, 280 emplois sont menacés.

La fermeture des sites Intel à Sophia-Antipolis, Toulouse, Aix-en-Provence et Nantes "impliqueraient une perte de savoir-faire stratégique pour la nation en impactant à terme, la compétitivité des entreprises françaises dans le secteur des nouvelles technologies".

C'est le message passé hier par les représentants du CE d'Intel France aux représentants des ministères du Travail et de l'Économie.

Pour rappel, le géant américain des semi-conducteurs Intel a annoncé le 28 juin un plan social visant à fermer l'ensemble de ses centres de recherche en France. À Toulouse, où Intel détient son pôle mondial en matière d'objets connectés, 280 emplois sont menacés. L'annonce était d'autant plus surprenante, que le groupe avait annoncé en avril le regroupement des effectifs de Montpellier dans la Ville rose pour créer un pôle de référence pour ces nouveaux services.

 "Une perte de savoir-faire stratégique pour la nation"

Ce mercredi 27 juillet, les membres du CE d'Intel Corporation SAS et d'Intel Mobile Communications France SAS ont alerté le gouvernement.

"C'est bien tout un écosystème économique et industriel de pointe qui serait touché par ces fermetures. Nous n'avons pas le droit de laisser faire Intel", a déclaré Arnaud Lenoir, secrétaire du CE d'Intel Corporation SAS.

"Il est de notre devoir de défendre la qualité de la recherche française et sa compétitivité incomparable - avec un coût horaire de l'ingénieur qui n'a rien à envier à celui de la Chine ! - pour éviter la disparition de savoir-faire clés. Ce plan de restructuration va bien au- delà d'un plan de licenciement habituel. Notre volonté est de démontrer le danger de la situation dans une démarche citoyenne."

La présidente socialiste de la Région Occitanie Carole Delga a demandé le 4 juillet dernier une rencontre avec le ministre de l'économie Emmanuel Macron et Brian Krzanich, le PDG d'Intel Monde.

"Je ne peux accepter la perspective d'une fermeture du site de recherche et développement d'Intel, ouvert en 2009 à Toulouse, et qui a bénéficié à l'époque d'une prime à l'aménagement du territoire", avait-elle indiqué dans sa lettre adressée à Emmanuel Macron.

Selon le CE, la politique de désengagement d'Intel en France implique :

- 80% des effectifs supprimés (750 emplois sur 940) en France
- 5 sites de R&D sur 7 fermés soit 95% des emplois en R&D
- Jusqu'à 44 employés des forces de ventes licenciés sur le site de Meudon (24 fermetures de postes + 20 licenciements sur le principe du volontariat)
- Un transfert de la R&D et des savoir-faire d'Intel France à l'étranger

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Commentaires
a écrit le 04/08/2016 à 11:42 :
Encore un effet pervers de la mondialisation, mais ce n'est pas la première fois que le monde de l'electronique, des microprocesseurs et de l'informatique subit des restructurations aussi brutales qu'incomprehensible. Intel est une socièté mondiale et leur stratégie est globalisante donc le seul marché européen ou français ne compte pas "vraiment" . Il est vrai qu'installer un site de recherche sur des composants electroniques ou des microprocesseurs, des chipset ou d'autres composants de l'ordinateur na de sens que si la strategie de l'entreprise est totalement comprise et intégré . Alors fermer pour restructuration des centre de recherche comme ceux d'Intel à Toulouse n'a pas vraiment sinon que d'appauvrir encore la recherche et de developpement de l'informatique et des structures ordinateurs et autres (serveur, cartes de commandes electroniques, ...) sur le marché europeen ? Forme d'isolationnisme américaine ? Restructuration en Asie ? Ultra compétition avec la Chine ????
Oui il faut défendre l'emploi dans ce secteur et definir des stratégies gagnantes à tous les niveau et surtout pour les nouveaux types de microprocesseurs.
a écrit le 02/08/2016 à 5:12 :
Il fermera, c'est toujours la meme histoire, et puis cela arrange les US de nous affaiblir, c'est strategique. Le CE peut s'agiter et invoquer ce qu'il veut il n'a aucun poids, le gouvernement lui se moque du destin d'une poignée de gueux..
a écrit le 29/07/2016 à 15:39 :
Des centaines de personnes de très haut niveau vont être disponibles pour enrichir la France ou ses entreprises, sauf si on laisse passer l'opportunité ...
a écrit le 29/07/2016 à 13:57 :
Intel prépare la prochaine étape de son développement qui est la dématérialisation des puces, autrement dit : une grosse puce dans le "cloud" pour des millions d'ultra-terminaux qui n'en disposeront plus à l'avenir et resteront donc de simples lecteurs. Seulement des concurrents de Taïwan (en reprenant l'anglais ARM et des fonderies) et aussi d'autres d'ailleurs, comptent bien lui couper l'herbe sous les pieds dans ses anciens métiers mais aussi sur le "ioT", le fameux internet des objets dont tous attendent des miracles. La firme qui traîne son chiffre d'affaire sans croissance à 55 milliards, se dit alors qu'il est préférable de préparer l'écroulement plutôt que le subir s'il à l'ambition d'un jour rebondir. La France, qui voit ses champions du conseil comme Atos et CapGemini tailler des croupières aux meilleurs américains, ou bien l'Allemagne avec son géant SAP, qui vient d'entrer dans le Fortune Global 500 (à paraître la semaine prochaine), ou encore des fondeurs qui pourraient se regrouper, son alors devenus des concurrents à différents niveaux et non plus des terres de conquête anodines. Pour différentes raisons mais aussi pour ne pas aider ces pays à prospérer, les américains ferment boutique.... et le Brexit n'a rien à voir avec ça ! [gag]
a écrit le 29/07/2016 à 11:53 :
La prime à l'aménagement du territoire sert à renforcer l'attractivité des territoires de la France pour y investir. Elle a joué son rôle. L'investissement a été fait. L'investisseur n'a donc plus aucune dette. Le gouvernement ferait bien de chercher à comprendre les raisons économiques du départ de l'investisseur. Quant aux employés, qu'attendent-ils pour présenter à la BPI un gigantesque projet de startup sur le sujet à la mode des objets connectés?
Réponse de le 30/07/2016 à 21:45 :
> présenter à la BPI un gigantesque projet de startup sur le sujet à la mode des objets connectés

Sur Toulouse, on a déjà Sigfox qui repond à ces critères: secteur des objets connectés, investissement de bpifrance, séduction des politiques obnubilés par la French Tech et en guest star, la participation de "Atomic" Anne Lauvergeon.
a écrit le 29/07/2016 à 9:09 :
la france recolte ce qu'elle a seme
ca ne fait pleurer personne, sauf ceux qui vont perdre leur boulot et auxquels les politicards verreux avaient promis un emploi a vie ' paye par personne'
on note en rigolant qu'il vaut mieux tt couler tt de suite, ca evite de devoir se battre avec la loi florange votee par les amis de la presidente de cette region
recoltez, recoltez !!! c'est l'heure!
ah qu'ils sont juteux, les bons fruits montebourg ayrault!
a écrit le 29/07/2016 à 9:02 :
Les politiciens ne peuvent rien si ce n'est se compromettre encore plus avec les milieux d'affaires et déjà qu'ils le sont énormément ça risquerait de finir par bien se voir.

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