Les agriculteurs bio en colère manifestent à Toulouse

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Le rassemblement des agriculteurs bio a eu lieu devant la préfecture à Toulouse.
Le rassemblement des agriculteurs bio a eu lieu devant la préfecture à Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Colère des agriculteurs bio ce lundi 16 mars devant la préfecture de Toulouse. Ils étaient 150 d'après la préfecture à battre le pavé de la place Saint-Étienne pour protester contre la décision du gouvernement de baisser les aides au maintien des récoltes de 25% pour l'année 2014.

Plus d'une centaine de personnes a répondu présent à l'appel de la FRAB (Fédération Régionale des Agriculteurs Biologiques) de Midi-Pyrénées et du collectif FNE (France Nature Environnement) pour venir manifester à Toulouse ce lundi 16 mars. La raison de leur colère : un arrêté publié dans le journal officiel du 7 mars qui a annoncé une baisse des aides de l'État au maintien des récoltes de 25% pour l'année 2014. Cette aide a favorisé les agriculteurs à se convertir au bio, notamment en soutenant les rendements faibles. Dans la foule flottaient de nombreux drapeaux dont ceux du NPA, de la CGT et de la Confédération Paysanne. Les élus régionaux Europe Écologie Les Verts François Simon et Gérard Onesta se sont joints au rassemblement en signe de soutien.

Une manifestation dans le calme

"On n'a pas de fumier, il est dans nos champs", peut-on voir sur une banderole de manifestants. En novembre 2014, les agriculteurs non bio avaient déversé du fumier à plusieurs endroits dans Toulouse. Éleveur bio dans le Tarn, Jean-Luc Hervé rassure : "on n'est pas d'accord, mais on ne détruit pas le bien public". Il est venu exprimer sa colère contre la baisse des aides aux récoltes qu'il qualifie de "sabotage".

"C'est un signal à l'envers de ce qu'il faut faire. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, fait de la publicité pour l'agroécologie et prend des actes à l'opposé", râle-t-il, béret noir sur la tête.

Pour Laurent Clavie, président d'Erable 31 - une association de producteurs bio - la baisse de 25% des aides et au maintien des récoltes "est un non respect de l'engagement de l'État. Ce dernier veut en effet que d'ici à 2020 la surface agricole biologique représente 20% en France. Or, à ce jour, elle ne représente que 5,5% des parcelles agricoles."

Même son de cloche pour Frédéric Cluzon, le président de la FRAB (Fédération Régionale des Agriculteurs Biologiques) en Midi-Pyrénées. Il est éleveur et producteur de légumes bio dans l'Ariège. Il recevra 2 000 euros de moins pour l'aide de 2014.
"Girouette", c'est le mot qui lui vient à l'esprit pour qualifier la politique du gouvernement. "Le ministère change les règles du jeu en cours de route. C'est comme si quelqu'un embauchait une personne en lui promettant de le payer tel montant et revenait ensuite sur sa parole", déclare-t-il.

Ironie du sort, dans le même temps le Préfet de Région, Pascal Mailhos et Vincent Labarthe, vice-président de la Région, ont débattu avec une centaine d'acteurs régionaux sur les moyens d'amplifier l'agroécologie. "En 2015, l'aide à la récolte et au maintien passera par la Région, je ne suis pas plus optimiste", s'inquiète Frédéric Cluzon. Il devait être reçu avec d'autres agriculteurs par la préfecture en fin de journée.

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