Numérique : Cécile Morel cherche des repreneurs pour Mobi Rider

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Cécile Morel
Cécile Morel (Crédits : Rémi Benoit)
Cécile Morel annonce la liquidation judiciaire de sa startup, Mobi Rider. La cheffe d’entreprise, seule CEO femme de l’IoT Valley à Labège, explique que la startup spécialisée dans le smart retail recherche maintenant des repreneurs. Concentrée sur son prochain rebond, elle est déterminée à rester dans l’univers de la tech et à partager son expérience avec l’écosystème des startups toulousaines.

"C'est le dernier chapitre de Mobi Rider". Cécile Morel raconte les quelques semaines qui ont précédé la liquidation judiciaire de son entreprise avec un mélange de tristesse et de confiance en l'avenir. "Je cherchais des repreneurs depuis 12 mois et j'ai eu des discussions avec des entreprises nationales ou régionales, mais en avril j'ai compris qu'on était trop à court de cash. J'ai décidé de me mettre sous la protection du tribunal de commerce de Toulouse et de discuter avec le président du Tribunal. On n'avait plus le temps pour un redressement judiciaire et nous nous sommes orientés vers la procédure de liquidation judiciaire."

La liquidation judiciaire de l'entreprise a été prononcée le 15 juin dernier et la situation est maintenant entre les mains d'une mandatrice judiciaire, Béatrice Amizet, "très à l'écoute" selon Cécile Morel. "En pleine collaboration avec elle, je cherche à trouver des repreneurs afin que l'activité perdure si cela est possible."

Smart retail et IoT

Cécile Morel avait créé Mobi Rider en 2012 avec la conviction que les points de vente physiques, comme les boutiques ou les agences bancaires, avaient besoin d'un service leur permettant d'améliorer leur relation client sur le digital. Après avoir lancé Mobi One, un boitier physique faisant office d'App Store dans les boutiques, Mobi Rider a fait le constat que l'objet et la solution hardware étaient trop coûteux et difficiles à déployer. Il y a 6 mois, Cécile Morel a tenté un pivot en lançant une offre 100 % software, Mobi Web, un service intégré dans le CRM utilisée par la marque cliente.

"Nous avions réussi à convaincre de grands comptes comme Orange, BNP Paribas, EDF ou Maif. C'était à la fois un atout et un pari risqué car une startup n'a pas le même calendrier qu'un grand groupe. Idéalement, il aurait fallu diversifier et adresser en parallèle des entreprises plus agiles, mais c'est difficile de tout faire avec une petite équipe !"

Finalement et malgré le soutien de son conseil d'administration (Elaia Partners, Kima Ventures) et des conseils de ses amis de l'écosystème (Ludovic Le Moan, Marc Rougié qui lui a permis de réaliser sa première levée de fonds, etc.), Cécile Morel prend la décision de stopper l'aventure. "Ma priorité a été d'accompagner mes salariés et de leur retrouver un poste."

"Le grand huit émotionnel"

Cinq ans après la création de Mobi Rider et 2 millions d'euros de levées de fond, pas d'amertume pour Cécile Morel mais quelques leçons tirées de l'expérience : "Diriger une startup, c'est en permanence faire le grand huit émotionnel. Il faut jouer avec les cartes que l'on a, ne pas rester bloqué sur son idée de départ, ouvrir ses chakras et si possible ne pas attendre que le mur approche pour prendre les bonnes décisions."

Ancienne d'Access Commerce puis des Laboratoires Pierre Fabre, Cécile Morel s'est lancée dans l'entrepreneuriat il y a une dizaine d'années.

"Dans ma famille, on est entrepreneuses de mère en fille. Pendant longtemps j'ai dit que ce n'était pas pour moi jusqu'au jour où je me suis faite rattraper par le virus. Ce que je souhaite aujourd'hui c'est rester dans mon écosystème, la tech, parce que je suis totalement in love de l'état d'esprit qui y règne ! J'adore l'univers des startups et l'énergie des entrepreneurs. Nous sommes entourés d'entreprises à différents stades de maturité, nos actions ont toujours un impact et on est toujours le mentor d'un autre."

Avec son enthousiasme communicatif et une énorme dose de bienveillance, Cécile Morel compte aussi poursuivre ses interventions devant les jeunes et en particulier les jeunes femmes. Membre de l'association Femmes du numérique et de 100 000 Entrepreneurs, Cécile Morel intervient dans des collèges et des lycées : "Les jeunes sont digital native dans leurs usages quotidiens et passent beaucoup de temps sur Instagram ou Snapchat mais curieusement, ils sont très mal informés sur les métiers du numérique. Derrières les applications, il y a des entreprises et surtout des entreprises qui recrutent.

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