Comment Coovia voit l'arrivée de Blablacar sur le covoiturage domicile-travail ?

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David Larcher, cofondateur de Coovia
David Larcher, cofondateur de Coovia (Crédits : ON / Rémi Benoit)
La licorne Blablacar a choisi Toulouse pour lancer son offre de "court-voiturage" Blablalines. Un marché sur lequel la société toulousaine Coovia se positionne déjà depuis 2012. Mais pour son fondateur David Larcher, l'arrivée de ce géant du secteur n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Interview.

Le géant du covoiturage Blablacar vient de lancer son offre Blablalines entre Toulouse et Montauban pour se positionner sur les courtes distances. Comment percevez-vous cette annonce ?

Blablacar est vraiment un poids lourd du secteur, avec une très grosse communauté. Il est certain que ce n'est pas forcément une bonne nouvelle qu'il se rapproche de notre activité. Mais, dans le même temps, cela fait parler du covoiturage courte distance et donc de l'activité de Coovia. De plus, nous sommes davantage positionnés sur un créneau de services aux entreprises, en travaillant directement avec leurs salariés. Le covoiturage quotidien domicile-travail génère de grosses contraintes d'organisation. Si l'on arrive à se rapprocher au plus près du domicile et du travail, cela devient plus facile pour les usagers, d'où notre volonté de travailler directement avec les entreprises.

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Vous ne percevez donc pas Blablalines comme un concurrent direct ?

Ils annoncent une solution innovante, en parlant d'une ligne de covoiturage. C'est quelque chose que nous faisons depuis plusieurs années et nous avons aujourd'hui 3 500 lignes autour de Toulouse, notamment autour des zones d'activité et principalement d'Airbus. Après, ce qui est certain, c'est que Blablacar n'a certainement pas envie de s'arrêter à une ligne Toulouse-Montauban. Mais je suis d'un naturel optimiste et j'y vois un coup de projecteur sur le covoiturage domicile-travail, ce qui est une bonne chose car, dans l'usage, ce n'est pas encore naturel. En termes de stratégie d'entreprise, cela confirme notre orientation, même si cette arrivée nous met la pression pour développer toujours plus de services innovants.

Envisageriez-vous de travailler en collaboration avec eux ?

Je pense qu'aujourd'hui, ils ont un niveau de ressources qui est suffisant mais Coovia a toujours été ouvert à tout ce qui permet de développer le covoiturage du quotidien. Nous avons par exemple développé un partenariat avec le réseau de covoiturage de Tisséo pour l'implantation de points de covoiturage aux arrêts de bus pour faciliter le service. Donc, nous pourrions éventuellement travailler avec Blablacar s'ils se montrent intéressés.

Vous parliez de développer de nouveaux services. Où en est Coovia aujourd'hui ?

Coovia travaille aujourd'hui avec 8 entreprises et nous sommes en train de développer une nouvelle offre digitale pour les entreprises, qui facilitera la mise en œuvre de leurs plans de mobilité. Nous comptons ainsi séduire de nouvelles entreprises pour lancer cette offre en septembre. En effet, toutes les entreprises de plus de 100 salariés devront établir un plan de mobilité avant le 1er janvier, ce qu'elles ne savent pas forcément. Notre objectif est de les accompagner en leur fournissant des outils pertinents.

Nous avons par ailleurs développé un service autour de l'événementiel baptisé Mypeoplego.com qui cible principalement les événements sportifs. Nous avons des partenariats avec le Stade Toulousain, l'Aviron Bayonnais et Colomiers Rugby pour améliorer les flux de supporters lors des matchs. Nous nous intéressons au Top 14 et à la Ligue 1 mais aussi aux petits clubs afin de fournir des services aux parents qui conduisent leurs enfants aux matchs par exemple.

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