Aéronautique : année record en 2016, mais des difficultés pour la supply chain

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En 2016, Airbus a passé la barre des 10 000 avions livrés
En 2016, Airbus a passé la barre des 10 000 avions livrés (Crédits : Rémi Benoit)
Un chiffre d'affaires et un nombre de recrutements record : 2016 a été une année excellente pour l'industrie aéronautique française à en croire Marwan Lahoud, président du Gifas. Mais la supply chain peine encore à suivre, avec 20 à 25 % d'entreprises en déficit. En 2017, l'emploi devrait se stabiliser.

L'industrie aéronautique française a enregistré l'an dernier un chiffre d'affaires global de 60,4 milliards d'euros, soit une croissance de 4,1 %, a indiqué hier lors d'une conférence de presse à Paris le président du Gifas, Marwan Lahoud.

"2016 a été une nouvelle fois une année record. L'exportation représente 86 % du chiffre d'affaires consolidé, un nouveau record. Le secteur civil représente 78 % du chiffre d'affaires. Notre industrie constitue un pôle d'excellence technologique et économique pour la France, qui génère de la croissance, de l'investissement et des emplois sur tout le territoire. Nous sommes particulièrement fiers de cette très bonne performance que nous atteignons grâce à la compétitivité de nos matériels réalisés et la qualité des femmes et hommes travaillant dans notre industrie."

"On n'a jamais fait autant d'avions civils en France", a-t-il poursuivi, Airbus passant notamment la barre des 10 000 avions livrés.

En termes de commandes, 2016 est "une très bonne année" avec 73,1 Md€ (mais en baisse de 6,6 % par rapport à 2015 qui avait constitué une année record). Le carnet de commandes global de la profession représente environ cinq années de production (9 ans pour Airbus).

Lire aussi : Carnet de commandes plein et perspectives radieuses : y a-t-il une "bulle" aéronautique ?

Néanmoins, pour le président du Gifas, la priorité des priorités pour assurer l'avenir de la filière réside dans la remontée des budgets de la défense (2 % du PIB, contre 1,43 % aujourd'hui).

Emploi

2016 est également une année record en termes d'emplois avec 187 000 hommes et femmes dans la profession (surtout des hommes), 10 000 recrutements et 2 000 emplois nets créés. Les prévisions 2017 sont de l'ordre de 8 000 recrutements (légèrement en retrait par rapport à 2016). Ce ne sont seront pas des embauches nettes mais simplement une stabilisation de l'emploi.
Par ailleurs, "on note une nette progression de la formation en alternance avec près de 6 000 jeunes en alternance début 2016 (+ 50 % par rapport à 2010)", précise le Gifas.

Adaptation de la supply chain

Face à cela, l'avenir s'annonce prometteur, mais la supply chain va devoir suivre le rythme. Les fournisseurs sont en effet soumis à une augmentation des cadences de production d'une part et à une volonté des donneurs d'ordres de restreindre leur nombre de fournisseurs d'autre part. Si la filière aéronautique connaît globalement une croissance historique, certains secteurs rencontrent des difficultés (les hélicoptères ou l'aviation d'affaires), et les PME sont les premières impactées. Patrick Daher, président du GEAD (Groupe des équipements aéronautiques et de défense) du Gifas, estime qu'"entre 20 et 25 % d'entre elles sont en déficit". La consolidation et la diversification vers le médical semblent des pistes de sortie de crise pour certaines d'entre elles. Le programme Performance Industrielle du Gifas est un des outils mis à disposition des entreprises pour améliorer leur compétitivité et semble donner de bons résultats.

Les sociétés de la supply chain française ont engendré en 2016 un chiffre d'affaires estimé de 21,9 Md€.

Lire aussi : Supply chain aéronautique : à quand des livraisons 100 % à l'heure ?

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Commentaires
a écrit le 14/04/2017 à 23:27 :
Je ne comprends pas, et n'hésiterai pas à poser une question "idiote" :

Qu'est-ce "qu'une bonne année" pour la construction aéronautique civile si 25% des sous-traitants sont en déficit ?

L'article semble dire que le déficit de chacune tient à un défaut de compétitivité dont elle serait responsable ... :

Mais alors, quelle est la participation financière du ou des donneurs d'ordres ( crédits par signatures notamment) pour que lesdits sous-traitants trouvent des financements externes ? pour autant que les donneurs d'ordres souhaitent "stabiliser" et localiser la production en France ...

Il semble que non, puisque ceux-ci redéfiniraient les chaînes de sous-traitance en souhaitant les restreindre.

L'attraction marocaine ( le site de Casablanca) serait-elle plus forte que tout ? ...

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