Nouvelle région : les deux Medef fusionneront en 2016

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Philippe Robardey et Laurent Boissonade
Philippe Robardey et Laurent Boissonade (Crédits : DR)
Le Medef Midi-Pyrénées et le Medef Languedoc-Roussillon fusionneront dès 2016, et veulent donner l'exemple en matière d'économies d'échelle. Dès à présent, ils ont établi 10 priorités qu'ils comptent présenter aux différents candidats aux élections régionales. Le syndicat des patrons insiste sur la nécessité de faire des économies de fonctionnement dans les collectivités publiques pour favoriser l'investissement. Il milite également pour la création d'un fonds régional d'aide aux entreprises.

Le Medef se sentirait-il laissé pour compte dans le processus de fusion des régions ? Les deux présidents régionaux du syndicat (Philippe Robardey pour Midi-Pyrénées et Laurent Boissonnade pour Languedoc-Roussillon) ont en tout cas décidé de prendre les devants et de s'adresser directement aux candidats aux élections régionales.

"Le Medef veut être pleinement impliqué dans le processus de fusion. Le futur Conseil régional aura les compétences des transports, de la formation et de l'économie, qui touchent directement les entrepreneurs", explique Philippe Robardey.

"Par ailleurs, en matière d'économie, nous sommes quand même plus compétents que les politiques !"

Les deux présidents et leurs services ont donc dressé une liste de 10 "priorités" qui contiennent pour certaines des propositions concrètes, comme la création d'un fonds régional d'aide aux entreprises.

L'objectif du syndicat patronal : faire en sorte que la nouvelle région profite aux entreprises en simplifiant les démarches administratives et en relançant l'investissement public.

Un fonds de 500 millions d'euros pour les entreprises

Le Medef souhaite notamment que se crée un fonds régional d'aide aux entreprises (création et développement) "dans la perspective d'apport des fonds propres aux entreprises du territoire". Ce fonds, pour être efficace, devrait être doté selon le Medef, d'"au moins 500 millions d'euros".

Pour rappel, une structure publique existe en Midi-Pyrénées : le fonds Irdi (Institut régional de développement industriel). Le fonds Soridec est son équivalent en Languedoc-Roussillon.

"Ces deux fonds représentent au total 150 millions d'euros, estime Philippe Robardey. Il convient de les rapprocher et de les doter plus largement."

Selon le Medef régional, en effet, ces fonds peuvent investir dans des PME mais sont dans l'incapacité financière de soutenir les plus grosses entreprises.

Simplifier les aides aux entreprises

Autre piste que le Medef "suivra avec attention" : la simplification "urgente" des aides aux entreprises.

"Nous avons recensé 730 aides différentes en Languedoc-Roussillon, constate Laurent Boissonnade. Quel chef d'entreprise peut les connaître toutes ? C'est complètement anxiogène."

Ainsi, le syndicat propose la mise en place d'un guichet unique "pour favoriser la prise d'information, le conseil et l'accès aux ressources". Laurent Boissonade va même plus loin, expliquant que les entreprises doivent trouver elles-mêmes leurs financements, sans forcément se tourner vers les pouvoirs publics :

"Il ne faut pas tomber dans les dérives de certaines filières complètement inféodées aux aides publiques, comme l'agriculture", pointe-t-il.

Pour Philippe Robardey, qui milite pour une baisse de la fiscalité, il ne faut pas oublier que "les entreprises sont à la fois ponctionnées et accompagnées : plus on ponctionne les entreprises, plus il faut les accompagner ! Donc, le meilleur moyen d'accompagner une entreprise est encore de la ponctionner le moins possible."

Ce dernier relève néanmoins le "plutôt bon" fonctionnement des contrats d'appui aux entreprises mis en place par le Conseil régional de Midi-Pyrénées.

Faire des économies dans les collectivités publiques

"De réelles économies d'échelles", "une baisse des dépenses de fonctionnement" : le Medef est clair, la future région doit permettre de gagner de l'argent, et tout de suite.

"On entend dire que, pendant un ou deux ans, il y aura une addition des services de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon, le temps que tout se mette en place. Pensez-vous que nous faisons cela dans nos entreprises ? Nous, au moment d'une fusion, nous n'attendons pas plusieurs années avant de faire les économies !", s'agace Philippe Robardey. "Par ailleurs, le vieil adage qui consiste à dire qu'on ne peut pas réduire les dépenses de personnel dans les services publics relève du café du commerce. Bien sûr que c'est possible !"

"Par exemple, les deux Ceser vont probablement cohabiter dans un premier temps, pour ne froisser personne, c'est politique. Quand on connaît les coûts de structure d'un Ceser, on voit bien que cela ne va pas engendrer d'économies, et cela est contraire à tout ce que l'on souhaite", ajoute Laurent Boissonnade.

Fusion en 2016

Les deux présidents du Medef l'assurent, en ce qui concerne leur mouvement (et à la demande du Medef national), "il n'y aura en 2016 qu'un seul Medef régional, avec un seul bureau et un seul président". Il y aura néanmoins deux représentations régionales, une à Toulouse et une à Montpellier, "afin de mieux coller aux réalités géographiques, économiques et politiques".

Le marketing territorial

Avec une grande région visible sur la scène internationale, le Medef insiste également sur la notion de marketing territorial. "Quand on est à l'autre bout du monde, nous devons facilement faire comprendre d'où nous venons, sans avoir à positionner sur une carte Toulouse et Montpellier", explique Philippe Robardey, par ailleurs PDG de Sogeclair. À ce titre, la marque commerciale Sud de France "fonctionne parfaitement" selon Laurent Boissonade. "Il faut donc que le nom de la future région soit simple, mémorisable et impactant". Le président du Medef LR se dit ainsi peut favorable au nom "Occitanie", qui renvoie selon lui à "quelque chose d'ancien".

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