Sommet économique du Grand Sud. Emmanuelle Auriol (TSE) : "Miser sur l'excellence pour être visible à l'international"

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Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics
Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics
Lors du Sommet économique du Grand Sud qui aura lieu le 3 novembre à Toulouse, Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics (TSE), animera une table ronde consacrée à l'international. Elle nous explique quels sont les atouts que le Grand Sud peut mettre en avant pour se développer à l'étranger.

"Peut-on ambitionner que notre Grand Sud soit identifié à l'international comme Silicon Valley de l'Europe du Sud?" C'est le thème de la table ronde qu'animeront Olivier Torrès, économiste, et Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics et membre de l'Institut d'Economie Industrielle (IDEI). Elle nous livre son point de vue en prévision du sommet.

Quelles comparaisons peut-on faire entre le Grand Sud et la Silicon Valley ?
Le Grand Sud est très difficilement comparable à la Silicon Valley ne serait-ce que par la taille et l'hétérogénéité du territoire. Les trois régions sont 33 fois plus grandes que la Silicon Valley, qui n'est qu'une petite partie de la Californie. De plus, toute leur activité est construite autour de l'informatique. Le PNB généré est gigantesque. Je crois surtout que nous n'avons pas vocation à devenir une Silicon Valley. Mais nous sommes très attractifs, les gens veulent venir. A nous de développer les atouts pour transformer les universités, renforcer les industries...

Justement, nos universités sont-elles à la hauteur de cette ambition ?
Nous n'avons rien de comparable avec Stanford ou Berkeley qui sont des pôles d'excellence dans tous les domaines. Nos écoles d'ingénieurs fonctionnent bien avec Airbus à Toulouse. TSE essaye de faire quelque chose à l'international, c'est un atout pour la région. Mais même si elle se hisse parmi les 10 meilleures écoles d'économie mondiales, ce ne sera en rien comparable à ces deux universités. C'est une question de moyens aussi. Nous devons offrir un climat économique pour encourager les entreprises et miser sur ce qui fonctionne.

Quels sont les atouts du Grand Sud selon vous ?
Il faut que l'on essaye de combiner nos traditions, qui sont un atout, et de capitaliser sur des succès de pôles de compétitivité. Airbus est la preuve que ça marche. Au lieu de ne se spécialiser que dans une seule activité comme la Silicon Valley, pourquoi ne pas plutôt se spécialiser dans les produits de qualités, autant sur le plan industriel qu'agricole avec le vin de Bordeaux, le foie gras, etc. ? Créer une image de marque sur le fait que le Grand Sud soutient l'excellence, ce n'est pas mal comme slogan ça. Et c'est tout à fait possible puisque nous avons déjà la qualité. A nous de développer les infrastructures.

Propos recueillis par Paul Perié

En photo : Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics (DR)

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