Bientôt un suivi 100 % web pour tous les demandeurs d'emploi d'Occitanie

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Pôle emploi généralise le suivi 100 % web
Pôle emploi généralise le suivi 100 % web (Crédits : Rémi Benoit)
Pôle Emploi Occitanie a décidé d'étendre dès le second trimestre un service de suivi à distance à tous les demandeurs d'emploi suffisamment autonomes dans leurs recherches. Cet accompagnement exclusivement via le web inquiète néanmoins les salariés de Pôle Emploi qui appellent à la grève le 6 mars.

"À compter du second trimestre, le suivi 100 % web sera proposé à tous les demandeurs d'emploi suffisamment autonomes dans leurs recherches", a annoncé Serge Lemaître, directeur de Pôle Emploi Occitanie ce mercredi 8 février à l'occasion d'une présentation du bilan 2016 de la structure. À l'issue de l'entretien d'inscription, le conseiller Pôle Emploi pourra juger si le demandeur d'emploi volontaire est éligible à un suivi exclusivement web avec des rendez-vous ponctuels en visioconférence. Ce suivi 100 % web est testé depuis plusieurs mois auprès de 2 000 demandeurs d'emploi sur trois départements (Haute-Garonne, Tarn, Pyrénées-Orientales). D'après une enquête réalisée par Ipsos, le suivi à distance est plébiscité : 83 % des demandeurs d'emploi ayant répondu au questionnaire sont satisfaits des contacts par e-mail avec Pôle Emploi.

Lire aussi : Face à la concurrence, Pôle Emploi Occitanie digitalise la recherche d'emploi

Pôle emploi veut renforcer l'accompagnement intensif

Dans le même temps, Pôle Emploi veut augmenter l'accompagnement renforcé des personnes les plus éloignées de l'emploi. Actuellement, sur 560 000 demandeurs d'emploi (catégories ABC) recensées dans la région, près de 50 000 font l'objet d'un accompagnement renforcé, soit + 19 % par rapport à 2015.

"Cela signifie qu'ils ont au moins un contact tous les 15 jours avec un conseiller, que se soit par téléphone, mail ou un rendez-vous physique. Les conseillers qui les suivent ont un portefeuille réduit de 70 demandeurs d'emploi au maximum alors qu'en moyenne, en Occitanie, un conseiller gère 177 demandeurs d'emploi. Cela peut même aller jusqu'à 300 demandeurs, explique Serge Lemaître. Or, on s'aperçoit que plus les demandeurs d'emploi ont de contacts avec un conseiller et plus ils sont satisfaits du suivi réalisé par Pôle emploi."

Par ailleurs, Pôle Emploi a lancé en 2016 des conventions de partenariats avec tous les conseils départementaux d'Occitanie (excepté pour le moment l'Hérault). Depuis, 3 000 demandeurs d'emploi bénéficient d'un accompagnement global. Autrement dit, un travailleur social les aide sur des problèmes qui freinent la recherche d'emploi comme, par exemple, la recherche d'un logement ou des problèmes de santé. "Tous les besoins d'accompagnement renforcés ne sont pas couvert. L'objectif est d'augmenter de 10 % l'accompagnement renforcé et de 15 % l'accompagnement global, a commenté Serge Lemaître. L'automatisation du système d'indemnisation et le suivi à distance sont des moyens de dégager du temps aux conseillers pour réaliser cet accompagnement intensif." La direction régionale espère également par ce biais faire remonter le taux de satisfaction des demandeurs d'emploi concernant le suivi dont ils bénéficient. En 2016, il était de 63,9 % (- 1,5 point sur un an).

Appel à la grève le 6 mars

Cette réorganisation suscite des inquiétudes au sein du personnel de Pôle Emploi. Au niveau national, quatre syndicats (SNU-FSU, FO, la CGT et Solidaires), appellent à une grève le 6 mars contre la "transformation" du métier d'indemnisation, la "dématérialisation à outrance", et pour la "défense du service public". Dans un tract commun, ces syndicats dénoncent notamment la "dématérialisation à outrance et le lancement de bobemploi (une plateforme numérique de bigdata pour accompagner les chômeurs, NDLR), dans une nouvelle tentative de substitution des conseillers par la machine et de mise à distance des usagers".

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Commentaires
a écrit le 09/02/2017 à 20:45 :
Il ne faut surtout pas confondre accompagnement et aiguillage.

Plusieurs inconvénients aux processus automatisés :
- Le tout numérique à marche forcée peut aussi exclure une partie des demandeurs d'emploi, ou plus généralement des citoyens.
- Il faut bien choisir ce qui peu être "numérisé" et ce qui nécessite obligatoirement un contact et un traitement humain. Tant qu'on garde encore cette faculté de discernement, de capacité à analyser et réagir face à une situation particulière, ce qu'une machine ou un programme ne pourront jamais faire.
- La non uniformité des profils professionnels d'un côté et des offres d'emplois
de l'autre. Il n'y a pas toujours concordance et il suffit de voir les profils métier, pour se rendre compte de la complexité de rentrer dans des profils types. Et plus on a d'’expérience et de compétences et plus ça se complique.

D'un autre côté, transformation des méthodes de travail et dématérialisation sont des évolutions quasi inévitables, grâce ou en en raison des technologies du numérique.
Ceci dit, il faut impérativement veiller à conserver l’accès des services publics à ceux qui ne sont pas à "niveau", ou ne disposent simplement pas des équipements nécessaires.
A terme, tout le monde devrait pouvoir s’adapter, mais il faut laisser une période de transition.

Pour les aspects positifs :
Les traitements administratifs sont simplifiés
Cela laisse plus de temps aux conseillers pour dialoguer avec les entreprise et leur permet de mieux connaitre leurs contraintes et attentes et plus généralement le potentiel d'emploi d'un secteur géographique, ou d'un secteur d'activités. Et si on pousse encore plus l'analyse, à anticiper les besoins en main d’œuvre pour orienter les demandeurs d'emploi vers les bonnes formations ou reconversions.
S'il s'agit bien d'emploi il s'agit aussi d’économie et la compréhension de l'entreprise, du tissu économique local et de son évolution, sont indispensables.

Pole Emploi a aussi un rôle social non négligeable et beaucoup de demandeurs d'emploi sont à un moment donné victimes de découragement, de perte de repères professionnels ou même de liens sociaux.
Je connais des conseillers qui m'ont réellement aidé et même s'ils ne peuvent créer eux mêmes des emplois beaucoup sont de réels facilitateurs.

Le contexte :
Il faut aussi tenir compte du contexte et des objectifs qu’on impose aux conseillers, souvent de manière directive. Mais ça c'est un défaut commun à de nombreux services publics, d'avoir une hiérarchie peu formée aux méthodes de management et aux subtilités d'organisations collaboratives et pas seulement hiérarchisées. Si on caricature un peu : le chef commande mais n'est pas responsable, du fait qu'il obéit lui même à des ordres, etc... pour comprendre il faut lire Kafka.
a écrit le 09/02/2017 à 16:27 :
Pour avoir changé 7 fois de métiers c'est un bon choix car Pole Emploi n'a qu'une utilité pour la plupart : récupérer ses indemnités uniquement, j'ai dû aller les voir à chaque fois sans qu'ils ne me servent à rien (conseillé par un fonctionnaire pour chercher un job... pas le même monde : cela me rappelait le conseiller d'orientation au lycée...)
Autant miser 100% des moyens humains pour qui en a besoin et le demande et que pour le reste oui tout soit fait à distance.

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