Aéronautique : quels sont les profils les plus recherchés par les recruteurs ?

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Des ingénieurs sont recherchés sur la phase industrialisation du produit
Des ingénieurs sont recherchés sur la phase "industrialisation du produit" (Crédits : Rémi Benoit)
L'Association pour l'emploi des cadres (Apec) vient de publier une étude sur les opportunités de mobilité au sein de l'aéronautique. Avec l'arrêt provisoire des grands programmes de développement d'Airbus, de nouvelles compétences sont recherchées parmi les ingénieurs.

Sur la seule année 2015, les entreprises du Gifas (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) ont recruté 11 000 personnes dont 42% d'ingénieurs et de cadres. Un volume similaire de recrutement est prévu pour cette année, sachant que la région Occitanie regroupe à elle seule 28% de l'emploi aéronautique français.  Quels sont les profils les plus recherchés par les recruteurs ? Dans un rapport publié le 27 juillet dernier, l'Apec (association pour l'emploi des cadres) détaille les besoins du secteur.

  • Moins d'ingénieurs en conception, plus en production

C'est un fait connu depuis plusieurs années. Avec l'annonce de l'arrêt provisoire des grands programmes avion d'Airbus, les nouveaux programmes de recherche ne devraient pas reprendre avant 5 à 10 années. Le recrutement des ingénieurs aéronautiques s'en trouve bouleversé.

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 "La politique de recrutement des années 2011 à 2013 s'est beaucoup axée sur le bureau d'études : des ingénieurs, des concepteurs en mécanique, en thermodynamique... Mais les années à venir vont être profondément différentes, puisque l'on est maintenant staffés sur la partie bureau d'études. On va désormais plus s'orienter vers des profils en lien avec l'industrialisation du produit", confie ainsi dans l'étude un recruteur aéronautique.

On parle ainsi de maîtrise des chaînes logistiques (supply chain), d'automatisation des chaînes de fabrication et de raccourcissement des délais de production (culture du délai) dans une maîtrise parfaite de la qualité.

  • Une double compétence des matières métal et composite très recherchée

L'un des défis technologiques les plus importants pour l'aéronautique d'ici 20 ans concerne l'amélioration des matériaux, notamment pour réduire l'empreinte carbone du secteur. Plusieurs sociétés de la région se sont d'ailleurs lancées sur ce marché de niche (à l'image de l'entreprise gersoise Veso Concept qui conçoit des aménagements de cabines d'avion à partir de bambou). Les spécialistes des matériaux composites et de nouveau alliages métalliques sont donc très recherchés. "La double compétence sur les matières métal et composite est également précieuse", relève l'Apec.

  • Intelligence artificielle et programmation

Les recruteurs sont également de plus en plus à la recherche de profils informatiques.

"Il y a des nouvelles fonctions qui sont en train d'apparaître comme par exemple l'intelligence artificielle, relève un expert d'un pôle de compétitivité. Or c'est un domaine qui concerne à la fois le secteur automobile et l'aéronautique. Il y aura donc certainement des bagarres sans nom pour avoir les meilleurs spécialistes".

La maîtrise de compétences informatiques peut faciliter la mobilité sectorielle. Ainsi, selon l'Apec "dès lors qu'un cadre maîtrise un outil informatique et/ou un langage de programmation, il devient davantage 'employable' par l'aéronautique". Sont recherchés par exemple des ingénieurs électronique de puissance, ingénieur calcul, ingénieur systèmes aéronautiques, opérateur ou programmateur des machines à commande numérique, architecte logiciel aéronautique...

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