Emmanuel Macron est-il en train d'enterrer la LGV Bordeaux-Toulouse ?

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Emmanuel Macron veut revoir les priorités de l'État pour le ferroviaire.
Emmanuel Macron veut revoir les priorités de l'État pour le ferroviaire. (Crédits : Pool / Agence Appa)
En inaugurant samedi la LGV Paris-Rennes, le président de la République a estimé qu'il "ne faut pas promettre des TGV à tous les chefs-lieux de départements" et que sa priorité est de se tourner plutôt vers "les transports du quotidien". Ce changement politique pourrait remettre en cause le projet de LGV entre Bordeaux et Toulouse dont le financement n'est toujours pas bouclé.

Sous le quinquennat Hollande, l'État a toujours affirmé son soutien au projet de LGV entre Bordeaux et Toulouse. Même quand l'ancien secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies avait annoncé se consacrer en priorité à la maintenance "des trains du quotidien" et que les nouveaux projets ferroviaires allaient être différés, il avait dans la foulée précisé tout son soutien à l'arrivée d'une ligne à grande vitesse à Toulouse. Changement de ton, ce samedi 1er juillet, avec le nouveau président de la République Emmanuel Macron.

Le TGV, un modèle dépassé pour Emmanuel Macron

Présent à l'inauguration de la LGV Paris-Rennes, Emmanuel Macron a estimé :

"Malgré notre immense fierté devant le projet que nous inaugurons aujourd'hui, le rêve des cinq prochaines années ne doit pas être un nouveau grand projet comme celui-là. Le combat que je souhaite mener dans les années à venir est celui des transports du quotidien. Les infrastructures essentielles à notre attractivité sont insuffisamment entretenues (...), l'entretien du réseau ferroviaire est financé par une dette dont l'accroissement ne pourra pas se poursuivre éternellement."

Avant de fustiger :

"Nous avons vécu dans beaucoup de mensonges : ces dettes accumulées, un jour, quelqu'un les paiera. La réponse aux défis de nos territoires n'est pas de promettre des TGV ou des aéroports de proximité à tous les chefs-lieux de départements de France. Cela veut dire ne pas relancer de projets nouveaux mais s'engager à financer tous les renouvellements d'infrastructures. Il nous faut sortir de la fascination pour les modèles d'hier."

Statu quo d'ici le premier semestre 2018

Emmanuel Macron a ensuite annoncé que ces nouvelles priorités seraient inscrites dans une loi d'orientation des mobilités attendue pour le premier semestre 2018.

"Tant que cette loi ne sera pas adoptée, l''État ne lancera plus de nouveaux grands chantiers", a-t-il assuré.

L'entourage du président précise que cette disposition s'applique aussi au lancement de travaux pour une ligne à grande vitesse.

Contacté par La Tribune Toulouse pour avoir des précisions ce qu'a voulu dire Emmanuel Macron, l'Élysée reste vague : "

"Le projet de ligne Bordeaux-Toulouse n'est ni enterré, ni acté".

Malgré tout, le cap fixé par Emmanuel Macron fragilise la réalisation de cette nouvelle ligne. Pour rappel, elle doit relier à terme Toulouse à Paris en 3h15 (au lieu de 4h10 actuellement). Mais le financement du projet (estimé à 9,2 milliards d'euros), n'est toujours pas bouclé. Autre difficulté supplémentaire, le tribunal administratif de Bordeaux a choisi le 29 juin dernier d'annuler la déclaration d'utilité publique des aménagements devant être réalisés au sud de Bordeaux. Avec un risque de "contagion" que suppose cette décision, puisque d'autres recours ont été formulés contre les trois autres déclarations d'utilité publique.

Delga et Moudenc montent au créneau

Pour autant, les élus toulousains ne veulent pas croire à une remise au cause du projet.

"Le président de la République semble oublier que nous sommes dans le grand Sud-Ouest, les premiers à subir cette fracture territoriale. Toulouse, la 4e métropole de France, ne peut et ne doit pas être mise à l'écart plus longtemps de la LGV. Je pense aussi à Montauban, à Cahors, à Auch qui bénéficieraient de la Grande Vitesse. Pour rappel, la LGV Bordeaux-Toulouse nécessite un investissement de 7 milliards d'euros quand le Grand Paris Express coûte près de 25 milliards d'euros...", a réagi dimanche la président de région Occitanie, Carole Delga.

De son côté, Jean-Luc Moudenc a avancé ce lundi après-midi : "Nous considérons que projet Bordeaux-Toulouse n'est pas un projet nouveau pour une raison simple : quand l'ensemble du projet TGV Sud-Ouest a été mis au point, il a été bien convenu que c'était un Tours-Bordeaux-Toulouse". Le président de Toulouse Métropole a rappelé par ailleurs qu'un rapport commandé par l'État doit être remis dans les prochaines semaines sur le projet. Jean-Luc Moudenc s'est entretenu ce week-end avec la nouvelle ministre des Transports Élisabeth Borne en convenant d'une nouvelle réunion avec les élus locaux au ministère après la publication de ce nouveau rapport .

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Commentaires
a écrit le 07/07/2017 à 16:13 :
J'habite la région Midi Pyrénées depuis 10 ans, et je trouve que notre belle région ne saurait être plus longtemps l'oubliée de la république. Alors qu'elle est la quatrième ville de France. Que Monsieur le président se souvienne de ses promesses de Campagne.
a écrit le 05/07/2017 à 10:08 :
La LGV Bordeaux Toulouse a, depuis très longtemps, été considéré comme un projet très déficitaire. Projet à annuler.
a écrit le 04/07/2017 à 20:33 :
Je ne peux qu'approuver. Il est temps de prendre en compte le besoin de la majorité des habitants. Mettre en place de vrai transport en commun pour les déplacements journaliers. Un vrai cadencement des train sur la ligne du médoc supprimerait des milliers de KM en voiture et la pollution qui va avec. Pour ne prendre que cet exemple.

Il revient à moins cher de prendre sa voiture pour faire son domicile à une destination dans la régions parisienne que de prendre le train. Et c'est pas forcement moins rapide quand on parle de porte à porte.
a écrit le 04/07/2017 à 9:27 :
il y a toujours le recours au consortium LISEA /VINCI
a écrit le 03/07/2017 à 23:55 :
Ça c'est la France... faire un Paris Toulouse en passant par Bordeaux ! Plus débile tu meurs ! La voie (N20) c'est Paris Orléans Limoges Toulouse. A l'extrême limite on aurait compris un axe via Angoulême Agen Dax avec prolongations vers Bordeaux et Toulouse, mais pas ce parcours ridicule. Lequel va conforter l'axe aérien Paris Toulouse, avec (1 avion chaque 1/4 d'heure en pointe) comme 1ere ligne de France. Avec le bilan énergétique conséquent...
A la place de Hulot, je regarderais le dossier de près ! Tv
Réponse de le 04/07/2017 à 8:52 :
Et pour aller à Montpellier on passerait par Clermont c'est ca :p ?
Vous vous rendez bien compte qu'il s'agit d'emprunter la LGV existante et de la prolonger, que c'est deja trop cher pour être (socio-économiquement) rentable, alors en construire une nouvelle entre POLT c'est de l'ordre de la sci-fi.
Réponse de le 04/07/2017 à 13:59 :
D'un autre côté, pour un Lyon-Bordeaux ou pour la plupart des Marseille Bordeaux, on passe par Paris !
Réponse de le 04/07/2017 à 15:05 :
Bonjour PM,
Vous avez raison mais il faut préciser que cet axe POLT peut raisonnablement (donc doit) être réalisé avec quelques aménagements de type LGV, une majorité de lignes existantes mais rénovées et des rames pendulaires.
Le drame est que certains élus, pour des raisons purement d'affichage politique, exigent la version "luxe" (tout LGV) en croyant que plus on demande plus on obtient. Ce faisant, ils n'obtiendront rien et c'est triste.
Réponse de le 05/07/2017 à 1:26 :
aux heures de pointe ce n'est pas un avion tous les 1/4 d'heures mais 1 toute les 2minutes, c'est entre 250 et 300 avions jours, plus de 100.000 vols par an pour 9 millions de passagers en 2017. C'est un aéroport enclavé dans l'aire urbaine qui impose ses nuisances à 100.000 riverains. Alors cessez vos commentaire stupides et égoïstes et aidez nous à obtenir un moyen de substitution à cette noria aérienne ( car n'oubliez pas qu'en plus nous subissons le flot incessant des essais d'airbus). Si la Lgv peut paraître trop chère, il nous faut au moins un Tgv (modernisation et adaptation des lignes actuelles).

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