Vins : l'interprofession va tester des cépages résistants pour réduire les pesticides

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(Crédits : Rémi Benoit)
L'Interprofession des vins du Sud-Ouest lance avec l'Inra et l'IFV un plan de déploiement de cépages résistants sur le bassin du Sud-Ouest. L'objectif est de limiter l'usage de pesticides et fongicides, régulièrement mis en cause pour leur conséquence sur l'environnement et la santé des viticulteurs comme des consommateurs. Explications.

L'utilisation de produits phytosanitaires dans l'agriculture est de plus en plus critiquée. Et les viticulteurs sont souvent dans la ligne de mire. Présentée comme l'un des atouts économiques de la région, la viticulture doit s'adapter et répondre à des exigences toujours plus poussées en matière de qualité et de mode de production, dans un territoire où le bio prend une place toujours plus importante.

"Il y a une attente sociétale forte concernant les traitements, confirme Paul Fabre, le directeur général de l'Interprofession des vins du Sud-Ouest. Qu'il s'agisse de l'environnement ou de la santé des producteurs ou des consommateurs, qui sont de plus en plus vigilants."

Déjà confrontée au changement climatique, la filière doit aussi se protéger de nombreuses maladies qui touchent les vignes, dont le mildiou et l'oïdium. Pour contrer les dégâts causés par ces parasites tout en réduisant l'utilisation de produits phytosanitaires, les chercheurs travaillent sur de nouvelles variétés de plantes résistantes à ces maladies.

Des cépages résistants testés en conditions réelles

Les vins de Bordeaux avaient lancé des pistes dès l'été dernier et l'Interprofession des vins du Sud-Ouest travaille sur la question depuis plusieurs années. Elle a signé ce jeudi 18 mai une convention de partenariat avec l'Inra et l'Institut français de la vigne et du vin (IFV) afin d'initier un plan de déploiement de cépages résistants sur le bassin viticole du Sud-Ouest.

"Nous allons envoyer un questionnaire à l'ensemble des producteurs adhérents à l'IVSO, précise Paul Fabre. L'idée est de connaître leurs attentes en matière de cépages et les volontaires ont jusqu'au 15 juin pour se positionner." Ne disposant pas d'un matériel végétal très large, les plantations seront limitées à 10 ha par cépages pour 2018 (4 cépages : deux blancs et deux rouges).

Les vignerons s'engageront ainsi à planter des cépages résistants au mildiou et à l'oïdium développés par l'Inra et l'IFV par hybridation. Pour les différents acteurs, "l'idée est de suivre, en conditions réelles, le comportement de ces nouveaux cépages résistants et de vérifier s'ils sauront s'adapter aux conditions de la région", explique Nicolas Rech, président de l'IFV. En pilotant ce plan de déploiement, l'interprofession souhaite préparer l'avenir de la filière en l'adaptant à des modèles de viticulture plus durable qui préservent l'environnement.

Les premières années permettront d'observer la résistances des feuilles à un âge où les plants, en pleine croissance, sont plus sensibles aux maladies. "D'ici à 2021/2022, une fois qu'il y aura plusieurs poussées de raisins, nous aurons des éléments plus précis sur la qualité de ces cépages", explique Nicolas Rech, tout en précisant que les conditions climatiques auront un rôle à jouer. "Si nous avons des années très humides favorables au développement du mildiou, nous serons davantage renseignés sur leur résistance."

La démarche entamée par l'IVSO s'inscrit dans le plan Ecophyto dont l'ambition est de contribuer à la transition agroécologique des vignobles du Sud-Ouest. "Les essais menés par l'Inra et l'IFV attestent aujourd'hui que l'utilisation de ces variétés conduit à une diminution du nombre de traitements de près de 90 % par rapport aux pratiques usuelles", explique l'Inra dans un communiqué.

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a écrit le 23/05/2017 à 8:14 :
J'ai plante il y a plus de dix ans de la vigne pour y produire ma piquette. Pas un seul traitement d'origine chimique a part de la bouillie bordelaise que je concocte.
Du beau raisin bien juteux, meme les voisins ont depuis fait de meme.
C'est pas bio, mais c'est rudement bon.
a écrit le 22/05/2017 à 14:46 :
"régulièrement mis en cause pour leur conséquence sur l'environnement et la santé des viticulteurs comme des consommateurs"

Et aussi du goût.

Il y a des produits dont la différence de goût entre un produit traité et un autre pas ou beaucoup moins est phénoménale et le vin en fait partie, de façon presque aussi flagrante que le porc, les vins bio ou naturels sont bien plus subtiles au goût, pas acides et bien plus digestes.

Si les états se préoccupaient réellement de notre santé déjà tout ces produits traités à la chimie et dont au final le goût est totalement différent du produit référent de base devraient être interdits et c'est pas les bons palais qui manquent en France suffit juste de trouver ceux qui ne sont pas liés de près ou de loin à l'agro-industrie.

Le changement de cépage fait partie des bonnes solutions mais à terme il faut penser sans produits chimiques svp, merci.

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