Labège-Enova-Toulouse, axe fort du développement du Sicoval

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(Crédits : Paul Périé)
Le président du Sicoval a profité de ses vœux pour présenter son Schéma de développement économique et le Plan guide mis en place par la communauté d'agglomération du Sud-est toulousain pour le futur quartier Labège-Enova-Toulouse. Jacques Oberti veut aussi jouer la carte du tourisme, dont le Sicoval a la compétence depuis le 1er janvier 2017.

Ce lundi 16 janvier, Jacques Oberti s'est plié au traditionnel exercice des vœux aux forces vives du Sicoval. L'occasion pour le président de présenter le Schéma de développement économique de la communauté d'agglomération. Un schéma qui a été établi "en concertation avec les entreprises", selon les élus du Sicoval. Parmi les axes majeurs de ce schéma, l'avenir du futur quartier Labège-Innopole dont les aménagements ont été repensés dans l'attente de l'arrivée du métro.

Un nouveau nom pour Labège Innopole

Premier changement, celui de l'affichage. Le futur quartier Innométro portera désormais le nom de Labège-Enova-Toulouse. Une double référence pour ce nom puisque le E de Enova renvoie au E signifiant électronique (comme dans e-mail notamment). Mais c'est aussi un clin d'œil à l'identité du territoire puisque Enova se rapproche de l'occitan ennovada qui signifie innovation.

Avec ce schéma de développement économique, pour le président Jacques Oberti, l'objectif est de "clarifier le positionnement du Sicoval en valorisant nos acquis et les perspectives nouvelles". Plus spécifiquement, la communauté d'agglomération souhaite réaffirmer son leadership sur deux filières : le numérique, porté par l'IoT, et les agrobiosciences. Sur ce dernier sujet, une convention a été signée avec le pôle Agri Sud-Ouest Innovation, qui reviendra s'installer sur l'Agrobiopôle, à Auzeville-Tolosane. Les travaux du futur siège devraient démarrer prochainement.

Pour continuer à attirer des entreprises et des talents, le Sicoval a décider de proposer de nouvelle offres d'accueil et d'hébergement. "Nous sommes une communauté ni trop petite ni trop grande où l'on peut être en prise directe avec les entreprises et les partenaires institutionnels. Nous avons des circuits courts de l'innovation", a insisté Jacques Oberti. Un parcours résidentiel de l'entreprise a été mis au point.

Un plan guide révisé

Cette initiative est l'une des deux idées fortes du nouveau plan guide d'aménagement de ce quartier Labège-Enova-Toulouse via la SPL du Sicoval. "Aujourd'hui, c'est l'entreprise qui déménage. Pourquoi ne pas imaginer un aménagement qui s'adapte aux besoins de l'entreprise ?", explique le Sicoval. Cela permettrait de regrouper les pépinières en un seul lieu, de gagner en efficacité et de mutualiser encore plus de secteurs d'activités". Jacques Oberti imagine des "bâtiments modulaires évolutifs".

Lire également : le Sicoval a choisi ses urbanistes pour le futur quartier Innométro

L'autre axe majeur de ce plan guide est la volonté de conserver un développement harmonieux en intégrant des éléments en lien avec le développement durable. Le Sicoval souhaite ainsi favoriser les modes de déplacements doux. Pour cela, une diagonale de déplacement a été dessinée pour ce quartier, le long du métro, autour de quatre pôles : un campus agricole, un quartier mixte comptant 1 500 logements, une séquence loisirs autour du lac de Labège avec les cinémas et Diagora notamment, et le pôle numérique. Le nouveau tracé du PLB, qui devrait arriver en 2024, ne compte que 3 stations sur les 4 prévues initialement. Une station est désormais prévue entre les stations initiales de Diagora et du pôle numérique.

Comme l'explique Alain Serieys, "à travers ce nouveau plan guide, nous voulons travailler la qualité du territoire. À partir du métro, nous allons séparer les flux de transits et les flux de destinations." De son côté, Jacques Oberti a souligné la volonté du Sicoval d'économiser l'espace et donc de privilégier les constructions hautes. Alors que l'on compte aujourd'hui 42 ha de parkings sur la communauté, le président souhaite que la SPL travaille avec des constructeurs sur la création de parkings silos. Et d'évoquer la possibilité de parkings à destination du métro, de parkings partagés entre public et privé et de mettre en place le foisonnement (le jour pour les salariés et le soir pour les résidents).

Le tourisme comme axe de développement

Avec l'entrée en vigueur de la loi Notre, le Sicoval a désormais la compétence tourisme depuis le 1er janvier 2017. Un secteur que la communauté d'agglomération, forte de son attractivité économique et du développement du secteur numérique, n'avait pas vraiment pris en compte jusqu'à présent, comme le souligne son président Jacques Oberti. "Il y a eu peu d'initiatives malgré des atouts énormes. Surtout, on n'a pas réellement travaillé sur un projet touristique construit", analyse-t-il.

Pour y remédier, un recensement des différents atouts du territoire, au premier rang duquel le Canal du midi, a été effectué. "Il reste a créer une véritable politique", ajoute Jacques Oberti, alors que l'objectif est d'amender le Schéma de développement économique d'un schéma touristique avant fin 2017.

"Le territoire a beaucoup vécu sur la marque Sicoval, à savoir l'innovation économique, le tourisme économique (via la récente SPL Diagora Agora) et l'innovation sociale, assure Jacques Oberti. Mais un secteur a été peu travaillé : le rayonnement du territoire pour sa culture, ses paysages, son art de vivre. C'est un levier important."

Au cœur de la nouvelle région Occitanie, le Sicoval se veut "la porte de la Méditerranée pour Toulouse" et souhaite développer une identité territoriale en lien avec un sentiment d'appartenance. À ce sujet, Jacques Oberti a rappelé qu'une nouvelle intercommunalité avait vu le jour aux portes du Sicoval. La communauté de communes Terres du Lauragais est née de la fusion, le 1er janvier 2017, de la communauté de communes Cap-Lauragais, de la communauté de communes Cœur Lauragais et de la communauté de communes des Coteaux du Lauragais Sud. "On peut imaginer la construction d'une identité territoriale avec eux", assure Jacques Oberti.

Quel avenir pour l'IoT Valley ?

Alors que l'IoT Valley a un projet d'agrandissement pour développer une sorte de Silicon Valley de l'IoT à Labège, les discussions sont toujours en cours selon le président du Sicoval Jacques Oberti. "Le plan guide porte beaucoup sur la structuration de ce nouveau quartier. Il y a un dialogue avec l'IoT Valley, Sigfox et la foncière de Carrefour de façon à ce que les projets IoT et numérique puissent trouver leur place", assure-t-il. Et de préciser : "Il est très important de valoriser à plein le foncier dont nous sommes propriétaires pour financer le métro." Un moyen de modérer les les dirigeants de l'IoT Valley, pressés de voir le projet prendre forme. "Certes, ils vont vite mais il faut qu'ils mettent la main à la poche. Nos partenaires (Région, Sgar) sont pleinement dans notre logique. Face à des entreprises qui prônent un libéralisme effréné, il est bon de rappeler qu'elles ont besoin des collectivités publiques." De quoi alimenter à nouveau les rumeurs d'un départ à Bordeaux ou ailleurs ?

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Commentaires
a écrit le 23/01/2017 à 10:45 :
Intéressant de constater que le Sicoval ne renie pas de "s'adosser" à Toulouse quand ça l'arrange ...

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