Toulouse Métropole lance Zefil, son offre très haut débit pour les entreprises

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Zefil, la nouvelle marque internet très haut débit de Toulouse Métropole.
Zefil, la nouvelle marque internet très haut débit de Toulouse Métropole. (Crédits : Rémi Benoit)
Créée fin 2014, la marque Zefil devrait permettre à Toulouse Métropole de mettre en avant son offre internet très haut débit pour les entreprises. Mis en place depuis 2003, le très discret réseau numérique métropolitain complète les offres des opérateurs privés Orange, SFR et Bouygues. Il devrait proposer des tarifs ultra-compétitifs pour les start-up.

À l'heure du tout numérique, une connexion internet à très haut débit est devenue indispensable pour les particuliers et, surtout, pour les entreprises. Si les premiers ont avant tout besoin de recevoir des données, les secondes doivent en envoyer, et de façon sécurisée.

"Les entreprises ont des besoins technologiques spéciaux, des débits entrants et sortants symétriques. Il leur faut aussi une fiabilité, explique Antoine Fournier, directeur adjoint stratégie et économie du groupe Colt, un fournisseur d'accès professionnel. Un particulier peut se passer d'internet lorsqu'il y a une panne. Une entreprise non."

Or, si tout a été prévu pour le déploiement de la fibre pour les particuliers, ce n'est pas le cas pour les entreprises. Lancé dans les années 90, le réseau fibre pour les entreprises s'est déployé en "taches de léopard", selon l'expression d'Antoine Fournier. Résultat : "Vu le coût du fuselage, seules les grandes entreprises et les zones d'activités importantes ont pu en profiter. Les petites sociétés sont restées connectées au cuivre."

Un réseau numérique métropolitain

C'est pour pallier ce problème que certaines métropoles, dont Toulouse, ont mis en place leur propre réseau numérique. Lancé en 1995, le réseau numérique métropolitain a été mis en place en 2003 sous le nom de IMT (Infrastructure métropolitaine de télécommunications). Exploité jusqu'en 2013, il comprend 160 km de réseau et dessert une dizaine de zones d'activités et 150 usagers.

En 2014, le réseau, renommé Réseau d'infrastructures numériques métropolitaine (RINM), s'ouvre aux autres territoires de la métropole et compte 400 km de lignes d'après le schéma directeur d'aménagement numérique de la Haute-Garonne. Le développement et la commercialisation sont confiés à une société publique locale contrôlée à 90 % par la Métropole et à 10 % par la Ville, qui reverse près d'un million d'euros chaque année à la collectivité.

"Historiquement, le RINM s'est développé car les trois opérateurs n'ouvraient pas leurs réseaux, indique Bertrand Serp, le président de la structure. Dans le cadre du développement économique, la Métropole a en effet pour mission de service public de développer le très haut débit. Notre but n'est pas de développer exponentiellement le réseau mais de le faire fructifier. Là où nous ne sommes pas présents, il y a des offres Orange, etc..."

Une nouvelle marque

À l'occasion des 20 ans du réseau, celui-ci fait peau neuve. Une marque, Zefil, a été créée fin 2014 pour promouvoir l'offre métropolitaine. "Zefil fournira un accès à la fibre aux opérateurs pour entreprises comme Orange business service, SFR, Completel, Colt, Level 3, etc., annonce Bertrand Serp. Une centaine d'entreprises a été raccordée cette année, ce qui porte le total à 400."

Si la Métropole n'a pas encore communiqué "par manque de temps" sur sa nouvelle marque, les offres du RINM sont toujours d'actualité. Une nouvelle grille tarifaire serait en préparation et la Métropole promet une offre spéciale start-up à des tarifs ultra-compétitifs situés entre 150 € et 200 €.

Démocratiser la fibre pour les entreprises

Parallèlement à ce dépoussiérage de son réseau, Toulouse Métropole discute avec les opérateurs non historiques qui cherchent à se développer dans les métropoles. Comparé au réseau destiné aux particuliers, la situation du réseau pour les professionnels est en effet bien différente. Sur le premier, les opérateurs en situation de monopole ont l'obligation de dégrouper, c'est à-dire d'ouvrir leurs lignes en les louant aux autres acteurs du marché.

Or, il n'y a pas de situation de monopole sur le réseau toulousain puisque plusieurs opérateurs se partagent le territoire. Dans ces conditions, le dégroupage n'est pas obligatoire, au grand dam du groupe Colt, qui aimerait se déployer à Toulouse. "Les opérateurs Orange, SFR et Illiade ne veulent pas ouvrir leurs réseau, déplore Antoine Fournier, directeur adjoint du groupe Colt. L'Arcep (l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) ne peut rien faire."

Un refus d'ouverture que conteste Orange. "Notre réseau fibre pour les professionnels est ouvert aux autres opérateurs, moyennant finances, y compris à Toulouse", affirme l'opérateur historique.

"Il est ouvert autour de Toulouse mais pas sur la commune, maintient pourtant Antoine Fournier. J'y demande des ouvertures de réseaux depuis deux ans mais Orange ne nous permet d'utiliser son réseau fibre qu'à partir des immeubles et non depuis le central. Ce n'est pas intéressant pour nous."

En tout état de cause, le représentant du groupe Colt compte contourner les opérateurs historiques en travaillant avec Toulouse Métropole. Il a d'ailleurs rencontré Bertrand Serp, en charge de la question à la collectivité Métropole, en décembre dernier, à ce sujet.

"Nous voudrions trouver des solutions au cas par cas pour débloquer les choses, explique Antoine Fournier. Nous sommes prêts à faire des engagements d'achats et à renoncer à être opérateur d'infrastructures en nous appuyant sur les opérateurs d'infrastructures mutualisées. Grâce au RINM, tout pourrait se débloquer fin 2015."

L'arrivée de ce nouvel acteur sera-t-elle synonyme d'une baisses des tarifs ? C'est l'argument d'Antoine Fournier. "Nous sommes là pour faire des affaires, reconnaît-il. Nous en faisons avec le cuivre partagé et notre objectif est de faire de même avec la fibre partagé." Contre un accès fibre de 1 000 euros par mois en moyenne, Colt affirme en effet être en mesure de proposer des tarifs de l'ordre de 300 euros à 500 euros par mois. La guerre des prix aura-t-elle lieu ?

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