Les Scop font de plus en plus d'adeptes dans l'ex Midi-Pyrénées

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Muriel Decout, directrice de l'URSCOP Midi-Pyrénées.
Muriel Decout, directrice de l'URSCOP Midi-Pyrénées. (Crédits : DR)
L’Union Régionale des Scop Midi-Pyrénées (Urscop) va fêter en juin prochain ses 80 ans d’existence. L’occasion de faire un bilan sur les coopératives existantes dans l’ex région Midi-Pyrénées. Entretien avec Muriel Decout, directrice de l’Urscop Midi-Pyrénées.

Quelles sont les missions de l'Urscop Midi-Pyrénées auprès des Scop ?

Nous sommes une association qui regroupe les sociétés coopératives et participatives (Scop) et les sociétés coopératives d'intérêt collectif (Scic) de l'ancienne région Midi-Pyrénées. Nous agissons comme un syndicat professionnel auprès des 247 entreprises présentes sur notre territoire et qui ont choisi ce statut. L'Urscop accompagne ces structures en leur proposant des formations et des services de conseil dans le domaine administratif, financier et juridique. Notre objectif est également de faire connaître ces entreprises auprès du grand public afin de développer cette manière d'entreprendre.

On remarque depuis quelques années un regain d'intérêt pour ce statut de Scop. Pourtant, ce dernier existe depuis plusieurs dizaines d'années. Quelles sont les raisons de ce phénomène ?

Le statut de Scop est un statut ancien, né au milieu du XIXe siècle, qui a connu un développement difficile jusqu'en 1978. Avant cette date, il fallait avoir sept salariés pour se lancer en Scop selon la législation de l'époque, un réel handicap. Aujourd'hui, la majorité de ces entreprises n'ont pas de salariés ou seulement un seul. A partir de 1978, quatre salariés associés étaient nécessaires pour se lancer, puis deux depuis 1984. Cet assouplissement permet un lancement plus simple aujourd'hui.

Ensuite, la crise financière de 2008 a attiré les entrepreneurs vers ce modèle d'entreprise. C'est une forme d'entrepreneuriat qui correspond aux aspirations d'aujourd'hui, à savoir le collaboratif, l'organisation horizontale, l'autonomie, la possession de son outil de travail et la prise de décision de manière démocratique (un homme est égal à une voix, NDLR). Depuis trois ans, on remarque une augmentation du nombre de créations annuelles de Scop en Midi-Pyrénées avec une trentaine de créations, contre une quinzaine auparavant.

Paradoxalement, le statut de Scop souffre d'un manque de notoriété. La Scop est même souvent associée à une image négative. Par quels moyens peut-on y remédier ?

Effectivement, il pourrait y avoir davantage de coopératives sur notre territoire, mais c'est un statut encore trop peu connu. La plupart des jeunes qui sortent de l'université n'ont jamais entendu parlé de ce qu'est une coopérative. La Scop doit, au moins, être étudiée comme les autres statuts dans les écoles de commerce. Mais cela passe tout d'abord par un gros travail de communication avec notamment une présence plus importante dans les médias.

Les Scop sont le plus souvent médiatisées quand il s'agit de la reprise d'une entreprise en difficulté. Ces deux caractéristiques (Scop et entreprise en difficulté, NDLR) sont trop souvent associées, alors que ces cas ne représentent que 10 % des créations de Scop en France. Les chiffres sont similaires pour le territoire Midi-Pyrénées.

Dans quels secteurs d'activités se concentrent principalement les Scop dans l'ancienne région ?

Actuellement, sur les 247 entreprises en Midi-Pyrénées, 25% font partie du secteur du BTP. Mais, il y en a dans tous les secteurs d'activité. On en retrouve dans l'industrie, dans la communication, le commerce, les services, le transport, l'agriculture et dans le domaine culturel. Les coopératives ne sont pas réservées à des activités économiques particulières. Fin 2016, les coopératives de l'ancienne région MP employaient 3850 salariés et réalisaient un chiffre d'affaires de 316 M€ en 2015.

En 2017, l'Urscop Midi-Pyrénées va fêter son 80ème anniversaire, avant de fusionner avec l'Urscop Languedoc-Roussillon début 2018. Quels événements sont prévus à cette occasion ?

On compte sur cet événement pour présenter la longue histoire des Scop dans la région et montrer leurs capacités d'adaptation face aux évolutions technologiques. Pour cela, nous comptons nous rendre dans un maximum de départements de l'ex région afin de présenter ces entreprises au grand public.

Tout d'abord, le dimanche 16 juillet à Cologne (32), se tiendra une journée festive avec un concert de la Scop l'Orchestre de Chambre de Toulouse (OCT) et un spectacle organisé par la Scic Le Comptoir des Colibris. Ensuite, le dimanche 10 septembre, nous organiserons un co-anniversaire au Bikini avec la Scop Editions 138 qui édite le magazine Clutch et qui fêtera ses 5 ans. Enfin, nous serons associés au 115ème anniversaire du viaduc du Viaur, où nous nous y rendrons le dimanche 16 septembre avec le train à vapeurs de Jaurès. Ce dernier avait soutenu la verrerie ouvrière d'Albi à la fin des années 1800, alors en danger. Cette entreprise, une ancienne Scop redevenue une société par actions simplifiée (SAS), garde une part importante dans l'histoire des Scop en France.

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