L'ambition et l'entrepreunariat des femmes au cœur du débat

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© Rémi Benoit
© Rémi Benoit
Quatre femmes manageures et cheffes d'entreprise ont échangé hier soir lors d'une la table ronde organisé par Objectif News - La Tribune lors des Tribune Women's Awards 2014 à Toulouse. Le thème : "Femmes cheffes d'entreprise, à quoi rêvez-vous ?". Au cœur du débat, ambition et respect.

Quel est le rêve d'une femme cheffe d'entreprise ? La question se pose davantage quand, autour d'une table, quatre femmes partagent leurs expériences de vie, dans le cadre de l'événement La Tribune Women's Awards, organisé par Objectif News et La Tribune, à Toulouse (lire notre article).

Carole Delga, secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, Typhaine Lebègue, chercheuse et professeure de Ressources humaines et Entrepreneuriat à France Business School (Tours) et auteure de la thèse Le processus entrepreneurial des femmes en France, Alexandra François Cuxac, présidente du groupe AFC Promotion et Virginie Malnoy, directrice générale adjointe d'Harmonie Mutuelle ont échangé avec Emmanuelle Durand-Rodriguez, rédactrice en chef d'Objectif News, autour de la question : "Femmes cheffes d'entreprise, à quoi rêvez-vous ?". D'une voix unanime, les quatre femmes affirment qu' il faut oser et cultiver une culture de la réussite.

S'autoriser à avoir des ambitions

Typhaine Lebègue assure que seulement 36 % des créateurs d'entreprise sont des femmes. Ce chiffre montre une évolution, mais il n'est pas encore suffisant, d'autant plus qu' "il y a beaucoup plus de femmes qui dirigent des PME que des grands groupes", comme le souligne Carole Delga. Pourquoi cette disparité ? Selon la secrétaire d'État le problème vient d'un complexe par rapport à la responsabilité. "Être une femme ne doit pas être un frein, au contraire. Il faut démontrer que tous les métiers sont ouverts à tout le monde. Hommes comme femmes, en entreprise ou en politique, doivent savoir prendre des risques et savoir manager, donc il faut lutter contre tous les stéréotypes."

Si elle avoue avoir eu des mains tendues de la part des hommes, Alexandra François Cuxac, qui a créé sa propre entreprise et l'a développée dans quatre régions du sud de la France, affirme également avoir vécu son parcours "comme un combat" : "Nous avons le devoir de continuer la lutte que nos mères ont entamée pour garantir les mêmes droits à nos filles, et encore plus. À mon avis il faut changer le regard, il faut que chacun assume sa part de féminité et sa part de masculinité. Quand on aura assumé cela, nous nous regarderons comme des personnes avec nos forces et faiblesses et nous pourrons oublier les stéréotypes."

Un combat dès la formation

Selon l'ensemble des femmes présentes, le combat commence sur les bancs de l'école. Former les jeunes filles à l'entrepreneuriat est, pour Typhaine Lebègue, l'une des actions prioritaires à mener dans les écoles, tout comme la formation aux métiers traditionnellement masculins. Le gouvernement, comme l'évoque Carole Delga, a d'ailleurs mis en place un plan de sensibilisation et d'accompagnement à l'entrepreneuriat féminin : "Entreprendre au féminin - des opportunités pour elles - une clé pour la compétitivité et l'emploi". "L'objectif de l'action est d'accompagner les femmes par la valorisation des compétences déjà existantes, mais aussi pour leur donner confiance et leur permettre de s'exprimer. Un site internet a été également lancé. Plusieurs actions seront mise en place dès l'enseignement supérieur afin de mobiliser l'ensemble des acteurs pour la sensibilisation des jeunes filles. Ce programme est évidemment soutenu par le ministère de l'Économie et la Caisse des Dépôts."

Toutefois, il n'est pas seulement question de différence de genre. L'égalité dans le monde professionnel, et surtout dans les rôles de responsabilité, peut être également le fruit d'un changement de rythme de travail et de management. C'est le propos de Virginie Malnoy, cadre à Harmonie Mutuelle. "J'ai eu de la chance car j'ai pu constater, en tant que manageure, qu'une femme qui travaille à la maison peut être aussi productive qu'un homme qui reste toute la journée au bureau, et vice-versa".

C'est Carole Delga qui revient sur le fond de la question. "Rien que d'entendre la fameuse phrase "en tant que femme" nous met dans une position d'embarras. Il faut revendiquer la nécessité d'être reconnues à part entière, en tant que personnes. Il ne faut pas oublier que le monde vous appartient." Retrouvez le diaporama de la soirée.

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