L'Occitanie, on l’on aime mais on la quitte aussi

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93 700 sortants en 2013 malgré la grande attractivité de Montpellier et Toulouse
"93 700 sortants" en 2013 malgré la grande attractivité de Montpellier et Toulouse (Crédits : Christine Caville / Rémi Benoit)
L’Occitanie surfe sur sa réputation de région la plus attractive de France depuis des années. Cependant une récente étude de l’Insee montre que les cadres et professions intellectuelles sont aussi nombreux à la quitter, essentiellement pour des questions de mobilité professionnelle.

120 000 : c'est le nombre de nouveaux résidents enregistrés en Occitanie au cours de l'année 2013, sans compter les migrations avec l'étranger. Un chiffre qui place en 2014 la région au 3e rang des régions les plus attractives de France après l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes.

L'étude publiée par l'Insee en juin 2017 relativise néanmoins légèrement ce constat. En effet, sur la même période, l'organisme a comptabilisé 93 700 sortants (un taux dans la moyenne nationale). Le solde migratoire est tout de même positif, il s'élève à 26 400 personnes. Ainsi, l'impact des migrations sur la population occitane représente un gain de 5 migrants pour 1 000 habitants en un an. C'est élevé au regard des autres régions et situe l'Occitanie derrière la Corse, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne, trois régions qui sont aussi attractives mais que l'on quitte moins.

L'Insee révèle aussi de nombreux échanges migratoires entre l'Occitanie et les autres régions françaises. L'excédent migratoire est particulièrement important avec l'Île-de-France (+ 7 100 personnes), les Hauts-de-France (+ 4 600 personnes) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (+ 3 600 personnes).

Les retraités restent, les cadres repartent

L'Occitanie attire de nombreux actifs en emploi ou non avec 62 800 arrivées durant l'année 2013. Elle est la 4e région de France au regard du nombre de nouveaux arrivants exerçant un emploi (43 200), mais c'est aussi la 1re pour le nombre de nouveaux arrivants au chômage (19 600). Parmi les nouveaux arrivants, on dénombre ainsi un peu plus de deux actifs en emploi pour un actif au chômage. Un rapport qui dépasse 5 pour 1 en Île-de-France et 3 pour 1 en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet indicateur situe la région en dernière position des régions de la métropole.

Par ailleurs, les cadres et professions intellectuelles supérieures sont ici bien plus mobiles que tous les autres actifs. Ils présentent à la fois le taux d'entrée et le taux de sortie le plus élevé de toutes les catégories : 32 entrants et 30 sortants pour 1 000 cadres résidents, soit 12 200 nouveaux arrivants et un excédent de 1 000 personnes en Occitanie. La Haute-Garonne, et en particulier l'aire urbaine de Toulouse, concentre à elle seule 40 % des entrées et 42 % des sorties de cadres et professions intellectuelles supérieures de la région. L'aire urbaine de Montpellier arrive loin derrière, avec 18 % des entrées comme des sorties.

Les étudiants en métropoles, les retraités sur le littoral

Parmi les étudiants, les migrations sont étroitement liées aux opportunités offertes par les établissements d'enseignement supérieur et à leur attractivité. Toulouse et Montpellier, deux pôles universitaires d'envergure nationale, concentrent les trois-quarts des étudiants arrivant dans la région courant 2013. Elles présentent un excédent migratoire d'environ 2 300 étudiants chacune.

Le nombre de retraités ou futurs retraités, de 55 ans et plus arrivant en Occitanie, rapporté à la même population déjà présente, est plus élevé en Occitanie que dans les autres régions. Le taux d'entrée de ces profils est de 11 pour 1 000, soit 16 700 nouveaux arrivants au cours de l'année 2013. Pour s'installer en Occitanie, il privilégient les départements littoraux et notamment l'Hérault, le Gard, les Pyrénées-Orientales et l'Aude.

Par ailleurs l'excédent migratoire pour cette catégorie de population reste largement positif avec 5 900 personnes de plus en Occitanie en 2014 (23 % de l'excédent migratoire régional total). C'est l'excédent le plus élevé des régions françaises pour cette population après la Nouvelle-Aquitaine (+7600 personnes).

Source: Insee Analyses OCCITANIE n° 46.

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